Des députés proposent un amendement pour défendre la chocolatine

Franchement !

(© maxpixel)

"Pain au chocolat" ou "chocolatine", c’est l’éternel "Yanny ou Laurel" des réseaux sociaux. Un inépuisable débat, théâtre régulier d’affrontements entre les habitants du nord défenseurs de l’appellation pain au chocolat, et les représentant du Sud-Ouest pourfendeurs de la chocolatine.

Il n’y a pas que sur Facebook qu’on discute de la juste appellation de cette viennoiserie. On ne sait pas vraiment si on doit s’en réjouir, mais le différend terminologique est remonté jusque dans l’Assemblée nationale.

Le potentiel "buzz" qui accompagne cette guéguerre n’aura certainement pas échappé à certains députés. Aussi, dix d’entre eux ont-ils jugé bon de glisser un amendement sur la question dans le projet de loi agriculture et alimentation débattu depuis mardi 22 mai à l’Assemblée.

Officiellement il s’agit de "redonner ses lettres de noblesse" à "une viennoiserie dont historiquement le nom a puisé son origine dans la région gasconne, et qui fait la fierté du sud-ouest de la France : la chocolatine."

(© Facebook/ChocolatinesBouduCon)

Permettez-nous d’en douter. D’autant que comme l’a repéré Le Parisien, la plupart de ces députés Les Républicains, n’ont jamais été élu dans le Sud-Ouest. Aurélien Pradié, député de la 1re circonscription du Lot, cosignataire du projet d’amendement, est bien originaire de Gascogne. Joint par Konbini news, il se défend d’avoir orchestré un coup de com'.

L’idée, c’est de s’assurer que lorsqu’un consommateur commande une chocolatine, il consomme "le vrai produit particulier, valorisé et de qualité", détaille Aurélien Pradié. "Parfois la signature de qualité est aussi due à une appellation populaire. Il y a des plats qui ont un nom de baptême populaire, qui n’est pas un nom de baptême technique et qui traduit une tradition, une histoire et souvent un savoir-faire de qualité", ajoute le député du Lot.

L’amendement ne vise donc pas que la protection de la chocolatine. Il s’agit d’aménager une disposition existante du Code rural pour "valoriser l’usage courant d’appellation due à la notoriété publique d'[un] produit et de ses qualités reconnues au travers d’une appellation populaire."

Déposé le 17 mai dernier, il faudra attendre mercredi prochain pour qu’il fasse l’objet d’une discussion en séance. On a hâte !