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Londres prévoit d’interdire la construction de nouveaux fast-foods à proximité des écoles

La municipalité entre en lutte contre l’obésité infantile.

Sadiq Khan, le maire de Londres, vient de prendre une décision controversée pour lutter contre l’obésité infantile qu’il qualifie de "bombe à retardement". Une mesure qui devrait entrer en vigueur à l’automne 2019 et fait partie d’un plan d’urbanisme plus large, intitulé "London Plan". Il sera dès lors interdit d’ouvrir un fast-food à moins de 400 mètres d’une école dans la capitale anglaise. Le maire prévoit en outre d’imposer aux nouvelles enseignes de restauration à emporter (type fish and chips, pizza ou poulet) de proposer des options plus saines, en grillant ou rôtissant la viande au lieu de la frire, et en utilisant moins de sel. Ils devront signer un accord en ce sens en échange d’une autorisation d’ouverture.

Actuellement, près de 40 % des enfants londoniens sont en surpoids ou obèses quand ils quittent le lycée, un pourcentage inégalé dans le reste du pays. Qu’il s’agisse du développement du cerveau ou des fonctions motrices, la qualité de l’alimentation est primordiale au bon développement des enfants et adolescents. Mais de nos jours, préparer des repas bons et sains est un challenge pour les parents, notamment ceux ayant des professions prenantes ou des revenus faibles, et leur progéniture a moins envie de manger des choux de Bruxelles qu’un bon gros burger.

Paradoxalement, la question de l’alimentation n’a jamais autant été au cœur des discussions. À l’heure de l’industrialisation massive et de la pollution, qu’elle soit liée aux pesticides ou à la quantité de plastique dans nos océans, le contenu de nos assiettes est un véritable sujet de santé publique.

La malbouffe est malgré tout bien présente dans nos habitudes. En 2015, 40 % des Français déclaraient manger dans un fast-food au moins une fois par trimestre. C’est moins qu’aux États-Unis, où une famille sur cinq s’y rend au moins une fois par semaine.

Beaucoup de nutritionnistes affirment que la démocratisation de la restauration rapide participe à la progression de l’obésité, aussi bien chez les adultes que chez les jeunes.

L’interdiction que souhaite mettre en place Londres n’aura pas d’impact sur les restaurants de fast-food qui sont déjà présents à proximité des écoles. Il y en aurait 15 000 actuellement à Londres, et 5 000 d’entre eux ont ouvert il y a moins de dix ans.

Au sud de Los Angeles, les chaînes de fast-food ont perdu le droit d’ouvrir de nouveaux restaurants en 2008. Cependant, des études montrent que cette interdiction a un impact limité dans le combat contre la pauvreté et pour une meilleure hygiène de vie des habitants du quartier.

Il va donc falloir attendre quelques années avant de pouvoir déterminer si l’interdiction instaurée par Londres aura l’effet escompté, ou si les enfants trouveront d’autres moyens de s’approvisionner en nourriture grasse et sucrée.

Sadiq Khan, maire de Londres, a défendu ce projet dans une interview avec le journal Evening Standard, en expliquant : "Les enseignes de restauration à emporter sont une part dynamique de la vie londonienne, mais il est important qu’ils n’encouragent pas nos enfants à faire de mauvais choix en matière d’alimentation."

Sans parler de bannir complètement les burgers, les frites et le fromage fondu, l’éducation a son rôle à jouer pour trouver un bon équilibre alimentaire.

Traduit de l’anglais par Sophie Janinet