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Nous mangeons quatre fois moins de fruits et légumes que nos grands-parents

Il semblerait que la campagne de notre enfance "Mangez cinq fruits et légumes par jour" soit tombée dans l’oreille d’un sourd…

Affiche du film Super Size Me réalisé par Morgan Spurlock (2004).

Affiche du film Super Size Me de Morgan Spurlock (2004).

Une étude menée par le Crédoc (Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie) entre 2015 et 2016 et publiée le mardi 11 juillet affirme que les plus jeunes générations ont mis de côté la consommation de fruits et légumes.

Depuis le lancement en 2001 du Programme national nutrition santé (PNNS) par le ministère afin d’encourager la population française à consommer au moins cinq portions de fruits et légumes frais par jour, le centre de recherche constate une dramatique chute de cet objectif.

Crise économique et perte du savoir-faire culinaire

L’analyse montre qu’après une hausse de la consommation de fruits et légumes entre 2007 et 2010, la crise économique a complètement effacé les gains. "En 2016, malgré la reprise, on n’a jamais eu aussi peu de grands consommateurs de fruits et légumes, que ce soit chez les enfants ou les adultes", note l’étude, qui attribue par ailleurs cette chute à une perte du savoir-faire culinaire des jeunes générations.

Des inégalités qui augmentent selon le niveau socio-économique et territorial : "Les Français qui respectent le moins cette recommandation sont toujours les individus vivant dans des familles de deux enfants ou plus, très peu diplômés et habitant plutôt dans la moitié nord de l’Hexagone." C’est donc le niveau culturel qui serait le plus discriminant : "Près de la moitié des enfants vivant dans des foyers où le responsable du ménage n’a aucun diplôme consomment moins de deux portions de fruits et légumes."

Les modes de vie des jeunes générations remis en question

Si le Crédoc tire la sonnette d’alarme pour l’ensemble de la population, il s’inquiète en outre de la baisse de la consommation de fruits et légumes chez les plus jeunes générations. En rappelant que le Programme nutrition santé vise à s’assurer un bon apport en vitamines, minéraux, fibres ainsi qu’un effet protecteur contre les principales pathologies chroniques.

"Alors que, dans la génération née entre 1987 et 1996, le niveau de consommation de légumes à 25 ans est de 50 grammes par jour et celui de fruits de 45 grammes, il était, au même âge, plus de deux fois supérieur dans la génération née entre 1967 et 1976 avec 145 grammes de légumes et de 100 grammes de fruits", relève l’étude.

Il serait donc aisé d’en déduire que nos régimes alimentaires actuels nous prémunissent moins contre les carences que ceux de nos aînés. De mauvaises habitudes que l’étude attribue à nos modes de vie et aux questions pratiques qui en découlent :

"Les modes de vie plus urbains des jeunes générations les conduisent vers un mode d’alimentation de plus en plus orienté vers la praticité. L’éloignement entre le domicile et le lieu de travail les incite à manger plus souvent hors de chez eux.

De plus, l’augmentation des temps passés devant des écrans les pousse à l’achat de produits faciles à consommer tels que les pizzas, quiches, sandwiches, pâtes ou riz. Le temps des repas et celui de la préparation sont plus faibles."

Ainsi, le Crédoc recommande la mise en place de politiques ciblées et de proximité pour réduire ces "fractures alimentaires". Pour rappel, en 2016, la proportion d’enfants en surpoids ou obèses était de 19,8 %. Au mois de février, de grands chefs cosignaient déjà une tribune sur le "droit au bien manger pour tous", dénonçant l’accroissement de ce "péril alimentaire". Réaffirmant que le bien manger est un droit et non pas un luxe réservé à quelques-uns.