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À Rome, il est désormais interdit de boire et manger autour des fontaines historiques

Dès aujourd’hui, les touristes qui mangeront un sandwich ou une glace assis nonchalamment sur la fontaine de Trevi face au dieu Neptune pourront recevoir une amende de 240 euros.

Attention à ceux qui dégusteront une glace aux abords de la fontaine de Trevi (©PROsheyneg/Flickr)

Attention à ceux qui dégusteront une glace aux abords de la fontaine de Trevi (©PROsheyneg/Flickr)

Emboîtant le pas à la ville de Venise, la maire de Rome, Virginia Raggi, a décidé de punir d’une sévère amende de 240 euros les touristes qui s’aviseraient de s’installer près des lieux historiques comme s’ils étaient au restaurant. Pendant toute la période estivale, jusqu’au 31 octobre, il sera donc prohibé de casser la croûte près des fameuses fontaines baroques de la ville comme celle de la Piazza de Trevi, Piazza Navona, Piazza del Popolo, Piazza di Spagna ou encore Piazza Barberini. En tout, ce sont environ quarante fontaines qui sont concernées rapporte le quotidien britannique The Independant. Une mesure drastique pour écarter les touristes irrespectueux qui souillent ces lieux historiques en les salissant, en y laissant leurs déchets ou tout bonnement en obstruant la vue.

Garantir la protection des zones historiques

En plus de bannir la consommation de nourriture et de boisson, il sera également interdit de s’asseoir sur les fontaines, d’y abreuver son chien ou d’y jeter quoi que ce soit, excepté des pièces pour faire un vœu. Une ultime tentative pour la municipalité de faire respecter son patrimoine et de rester garante de sa bonne conservation face à des hordes de touristes souvent prompts à investir les lieux sans toujours en considérer la valeur.

Néanmoins la mesure, un peu extrême, peut faire débat. En effet, une ordonnance similaire avait déjà été promulguée en 2012 sous l’impulsion de l’ancien maire de l’époque, Gianni Alemanno, un ancien fasciste rallié à Berlusconi. Aujourd’hui, à l’autre bout du spectre politique c’est Virginia Raggi, rattachée au mouvement 5 étoiles de Beppe Grillo, qui remet le couvert (sans mauvais jeu de mots). L’expression d’un ras-le-bol face à un tourisme de masse qui dégrade les lieux publics. En 2016, le célèbre joaillier Bulgari qui avait financé la rénovation des célèbres escaliers de la Trinité des Monts souhaitait carrément interdire à quiconque de s’y asseoir en y érigeant des barrières, qualifiant certains badauds de "barbares".

Si les mesures semblent exagérées, elles ne sont cependant qu’une réponse à des incivilités criantes et insupportables qui découlent du tourisme de masse. Victime de son succès comme Venise, Londres ou Paris, Rome se retrouve en difficulté quand il s’agit de faire respecter son patrimoine et n’a peut-être pas d’autre choix que d’afficher sa fermeté. Mais avec plus de 7 millions de visiteurs chaque année, difficile de mettre un gendarme du sandwich derrière tout le monde.

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