En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de nos cookies afin de vous offrir une meilleure utilisation de ce site internet. Pour en savoir plus et paramétrer vos cookies, cliquez ici.

Taïwan interdit la consommation de viande de chat et de chien

Sous la pression des associations de défense des animaux victimes de traitements cruels, le parlement taïwanais a interdit mercredi 12 avril la consommation de viande de chat et de chien, néanmoins devenue assez rare dans le pays.  

Les députés taïwanais viennent d'approuver une nouvelle loi interdisant la consommation, l'achat ou la possession de viande de chien ou de chat, sous peine d'une amende pouvant atteindre l'équivalent de 7 715 euros. Les peines peuvent aller jusqu'à deux ans de prison et une amende de 61 700 euros pour toute personne ayant tué ou maltraité ces animaux. "Ceci montre que Taïwan est un pays où la société se préoccupe hautement du bien-être des animaux", se félicite la députée Wang Yu-Min du parti nationaliste KMT qui avait déposé le texte de loi.

Néanmoins, la consommation de viande de chat et de chien n'est plus si répandue que cela à Taïwan en comparaison à d'autres pays d'Asie comme la Chine, le Viêt Nam ou la Corée par exemple. Ainsi, l'interdiction survient après plusieurs scandales impliquant des actes de cruauté gratuits sur ces animaux. L'an dernier, l'armée avait dû présenter ses excuses après la diffusion d'une vidéo montrant trois soldats torturant et étranglant un chien errant avec une chaîne de fer. Une affaire qui avait choqué l'opinion et entraîné des manifestations.

L'argument de la souffrance animale plutôt que du tabou alimentaire

C'est donc davantage la sensibilisation grandissante du public aux questions de cruauté envers les animaux qui a poussé le parlement à prendre cette mesure que les questions éthiques ou morales relatives à la consommation de cette viande. Autrement dit, l'argument pris en compte est celui de la souffrance infligée à ces animaux souvent torturés plutôt que celle du tabou alimentaire. En effet, il est bon de rappeler que l'acceptation sociale des pratiques alimentaires est toute relative selon les régions du monde. Si la cynophagie (le fait de se nourrir de viande de chien) est un tabou ici, il n'a pas la même signification ailleurs.

Comme tout tabou, cela soulève des questions plus larges concernant nos perceptions sur ce qu'il est socialement acceptable de manger ou pas. On ne mange pas de vache en Inde, ni de cheval au Royaume-Uni, de même que certaines religions prohibent la consommation de viande de porc par exemple. Pour les anti-spécistes (qui refusent les discriminations fondées sur l'espèce), il apparaît comme un non-sens de considérer que manger un chat ou un chien serait plus ou moins choquant que de manger un veau ou un agneau par exemple. Il peut donc être intéressant de mettre en perspective nos constructions sociales, culturelles et religieuses qui nous font admettre de tuer et manger certaines espèces animales et pas d'autres.

Dans ces conditions, la déclaration de l'élue Wang Yu-Min ("la société se préoccupe hautement du bien-être des animaux") peut être perçue comme hypocrite puisqu'elle ne s'applique qu'à deux espèces. Néanmoins, on peut se réjouir de ce bon début.