J’ai passé un mois de février sans café et sans sucres ajoutés

"– Vous prendrez bien un dessert ? – Non. – Un petit café alors ? – Non plus."

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En janvier, je traversais le mois sans consommer ni viande ni alcool. Alors histoire de ne pas reprendre une vie (tout à fait) normale au premier du mois suivant, j’ai décidé de relever un second défi : me passer de caféine et de sucres ajoutés pendant les 28 jours de février. Spoiler alert : c’est la grande galère.

Quelques règles simples

Avant de commencer, j’ai bien cogité aux règles de mon petit pari. Pour ce premier essai de privation de sucres, je vais pendant un mois seulement me passer de sucres ajoutés, rapides et visibles : en gros zéro sucrerie, zéro boisson sucrée, et je limiterai au maximum les produits préparés chargés en sucre comme les sauces tomate. Je continuerai par contre à manger des fruits et à consommer des sucres lents ; un monde sans pâtes n’étant pas un monde dans lequel je souhaite vivre. Pour la caféine, je me laisse le droit de boire des décas, surtout pour le geste, mais je ne consommerai ni café, ni thé, ni boisson énergisante.

Dix jours dans le brouillard

31 janvier, un dernier pour la route. (© Club Sandwich)

Je bois du café depuis une quinzaine d’années. Plus jeune, je buvais du café "associatif", ce café filtre bien fort qui te tient éveillé et te tord les boyaux. Depuis 7 ou 8 ans, j’ai arrêté le café filtre, le remplaçant par des expressos et des cafés court de cafetière à capsules bien connue. J’ai deux routines de café différentes : celle des jours où je bosse dans les bureaux de Konbini, et ceux où je travaille depuis mon domicile.

Quand je bosse au bureau, je bois mon premier café de la journée en arrivant, après avoir allumé mon ordi et planifié les tâches à effectuer dans la journée. Ce premier café, c’est celui qui me donne la concentration, et me lance jusqu’à mon second café, celui-ci vers 11 h 30. Un expresso après déjeuner et un café dans l’après-midi, et me voilà voguant paisiblement jusqu’à la fin de ma journée de travail. Ces quatre cafés ont chacun leur intérêt, et le premier, le plus important à mes yeux, est celui qui permet à mon cerveau de démarrer.

Alors ce premier café, quand je l’ai perdu, je me suis retrouvé abandonné avec mes idées ne rentrant plus dans les cases où je les emprisonne et les superpose bien rangées pour les utiliser comme le fuel de ma matinée. Ce tunnel de 10 heures à 11 h 30, c’est celui où je suis le plus productif, celui où je source et distribue les sujets à mon équipe, où j’effectue les tâches les moins glamours de la journée, entre tableau Excel, stats et traitement de mails. Privé de ma dose de caféine, j’ai l’impression que le temps passe différemment, et que les rouages se coincent, je perds clairement en efficacité.

Quand je bosse à domicile, ma routine est différente. Je me lève plus tôt, et vais boire mon café au coin de la rue. Je passe une demi-heure avec un ou deux potes ayant le même rythme de vie. Je rebois ensuite du café dans la journée, mais jamais plus de quatre non plus. Ce premier café a surtout un côté social, et commander un déca à mon cafetier le fait sourciller direct, il me regarde comme si j’étais un vieux de 65 ans optant pour une camomille après un dîner. Mes potes me vannent (comme d’hab), et surtout, le constat est clair : le déca, c’est vraiment dégueulasse. La rondeur de la première gorgée de mon expresso habituel se transforme en petite gorgée triste. Pour le reste de la journée, j’élimine du coup les cafés, ou tourne au déca pour le geste. Je suis dans le brouillard, j’ai du mal à me concentrer, bref, pendant ces dix premiers jours de février, je suis vraiment KO.

Et puis la lumière

© Club Sandwich

Lundi 12 février. Mardi 13 février. Deux journées classiques au bureau, et toujours pas de café. Pourtant, je reprends mes repères de travail, et je ne ressens aucune fatigue et n’ai aucun souci de concentration. En une dizaine de jours, j’ai sevré mon corps de caféine, pour la première fois depuis des années hors période de vacances. Je bois mon petit déca tranquillou, et vous savez ce qui est bien avec le déca ? Il n’y a jamais de pénurie de capsules…

Sugar rush

Si le café est un invariable de mon quotidien, le sucre l’est moins. Plus entrée que dessert, couper complètement les sucreries et boissons sucrées ne me fait pas trop peur. Je ne bois pas de soda, à part dans des cocktails, mais il y a un truc que j’aime vraiment : le chocolat noir. Vous savez, le carré de chocolat devant la télé un soir de semaine, il fait plaisir celui-là, et je n’ai pas franchement envie d’autre chose. Alors, pendant ces quatre semaines, à part avoir évité le dessert au restaurant et avoir décliné quelques propositions de M&M’s au bureau, jamais le sucre ne m’a vraiment manqué, à part ce carré de chocolat – ce carré de chocolat, il me hante grandement. Alors, je le remplace par une pomme granny que je prends le temps de bien éplucher et couper en petits morceaux, pour avoir le ressenti d’un snack. J’adore les pommes, mais soyons honnêtes, ce n’est pas mon carré de chocolat.

Dans la cuisine du quotidien, je fais surtout attention à ne pas utiliser des produits préparés chargés en sucre. Dans le mois, j’ai testé l’appli Yuka, de quoi avoir un peu plus d’infos lisibles sur le contenu de mes placards. En cuisinant maison, j’improvise quand il faut ajouter du sucre, sans trop me prendre la tête pour autant. Et ces produits industriels, je ne risque pas de les voir avant le printemps, car au mois de mars, j’ai décidé de ne pas mettre le pied au supermarché. Rendez-vous le mois prochain !