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Quand un agriculteur sauve ses plantes d’un virus mortel grâce… à la musique

Un cultivateur a réussi à traiter sa monoculture de courgettes avec une méthode pour le moins surprenante : leur faire "écouter" de la musique.

© Seth McConnell/The Denver Post via Getty Images

Gilles Josuan, agriculteur dans les Bouches-du-Rhône, a confié au Figaro qu’il y a 10 ans de cela, sa culture a été touchée par la mosaïque, un virus transmis par les pucerons. La seule solution prescrite par l’agriculture conventionnelle : arracher tous ses plants. Une hérésie pour cet agriculteur. Il s’est donc tourné vers une méthode alternative : soigner les plantes infectées avec de la musique. Pour ses courgettes, le résultat est sans appel :

"Après quelques ajustements de départ, nous sommes parvenus à sauver mes plants de courgettes. Aujourd’hui, le virus est toujours présent mais il est inhibé par la musique et mes légumes n’en portent aucune trace. Je peux donc de nouveau les commercialiser."

Comment c’est possible ?

Pour que cette méthode soit efficace, il y a un protocole à respecter. Le procédé pour Gilles Josuan consiste à diffuser toutes les nuits entre 5 et 7 minutes d’une musique ciblée. Il n’en faut pas plus, sous peine de fatiguer les plantes.

Genodics, l’entreprise qui a développé la méthode, explique qu’il faut des mélodies adaptées à chaque pathologie. Ce sont les vibrations que provoque la musique qui crée l’effet thérapeutique sur les maladies de certaines plantes : champignons, virus, bactéries…

De fait, Genodics explique qu’il faut trouver des mélodies adaptées à chaque pathologie. "Concernant le problème de Gilles Josuan, au départ, nous n’avions identifié qu’un seul virus alors qu’il y en avait un deuxième. Après cette découverte, nous avons adapté la mélodie et avons pu inhiber les deux virus, qui fatiguaient la plante mais restent inoffensifs pour l’homme", indique Pedro Ferrandiz, cofontateur de Genodics.

"Pour faire simple, lors du processus de synthèse des protéines, les acides aminés produisent des notes. Une mélodie spécifique à chaque protéine est ainsi émise", explique l’ingénieur à la tête de Genodics. "Il faut connaître les protéines pertinentes de la pathologie que l’on veut combattre, puis l’isoler et trouver le chant de la protéine pour en stimuler ou inhiber sa synthèse."

© Markus Spiske/Unsplash

Une solution pour éviter les pesticides

Cette méthode a obtenu des résultats positifs sur de nombreuses cultures. Elle permet en effet de les sauver d’une manière inoffensive pour l’environnement. Selon Pedro Ferrandiz, cofondateur de Genodics, "en moyenne, le taux de réussite est de 70 %". Le véritable défi, c’est de s’adapter à chaque plante et chaque pathologie. On vous parlait récemment d’un pesticide appelé glyphosate, et ses risques sur l’environnement et la santé. Jusqu’à présent, on n’a jamais entendu parler d’effets négatifs quand on fait "écouter" de la musique aux plantes pour les soigner.

Un lien à établir

Cependant, il reste encore à prouver scientifiquement le lien direct entre la musique et la guérison des plantes. Bruno Moulia, directeur de la recherche à l’Institut national de la recherche agronomique (Inra) confie au Figaro que "les plantes sont sensibles aux sons et qu’elles réagissent à certains bruits comme celui du vent ou le craquement d’une plante voisine qui se dessèche, et provoquent une réaction. Toutefois, aujourd’hui, nous n’avons pas prouvé scientifiquement ces liens."

Concernant la théorie de Genodics, "je ne peux pas dire que ça ne marche pas, mais nous n’avons pas, non plus, démontré scientifiquement l’efficacité de ces traitements". Pour que la méthode soit officiellement reconnue, des expérimentations doivent être menées dans un cadre de recherche strict. Une hypothèse aujourd’hui envisagée par l’Inra. Affaire à suivre !