Brand

Ces légumes interdits que vous allez enfin pouvoir consommer

Vous pensiez être plutôt calés sur les fruits et légumes shoppés chez votre primeur ? Il existe pourtant un nombre insoupçonné de semences dont vous n’avez jamais entendu parler. Interdites pendant des décennies, elles débarquent enfin sur vos étals de marchés.

Issus de "semences paysannes" — les meilleures graines récupérées par les agriculteurs lors de leurs récoltes précédentes —, ces légumes hors norme ont fait l’objet d’une réglementation stricte pendant des décennies. Seuls les légumes provenant des semences répertoriées dans un catalogue européen officiel pouvaient être vendus.

Une interdiction qui vient d’être levée en partie grâce au combat mené conjointement par de petits producteurs et d’importants acteurs pour la biodiversité, tels que Carrefour qui aide les agriculteurs à cultiver et à vendre des semences paysannes. Depuis 2017, certains magasins de l’enseigne proposent notamment des fruits et légumes "paysans". Pourquoi ce combat est-il nécessaire ? On vous dit tout sur ce phénomène qui risque bien de révolutionner votre assiette.

Publicité

Les légumes "interdits"

Publicité

© Getty Images

Au fil des siècles, les paysans ont créé leurs variétés propres, en replantant chaque année une sélection des graines issues de leurs récoltes passées. Des fruits et légumes, produits de génération en génération, qu’on ne retrouve que dans certaines régions. À l’image du haricot coco du Trégor, une "exclusivité costarmoricaine" ou encore de l’oignon de Roscoff, cultivé dans le nord du Finistère.

Ces légumes si spécifiques à nos terroirs sont menacés depuis un bout de temps. Tout commence en 1932, lorsque naît le catalogue officiel des espèces et variétés de plantes cultivées en France. Celles qui y figurent doivent notamment répondre à des critères d’homogénéité, et surtout, l’inscription à ce fameux catalogue coûte entre 1 000 et 10 000 euros, une somme que seuls les grands industriels sont souvent capables de financer. Ce système loin d’être favorable aux petits producteurs est un coup dur pour la biodiversité.

Publicité

Le boom du légume standardisé

© Getty Images

Mais c’est en 1981 que le sort des légumes cabossés, mal calibrés et qui ne rentreraient pas dans la norme établie est définitivement scellé. Une loi de 1981 interdit ainsi toute commercialisation de fruits et légumes issues de semences non répertoriées. Seules celles qui donnent naissance aux légumes standardisés sont autorisées, ce qui donne lieu à un choix bien plus restreint en termes de produits. Ainsi, 90 % des variétés de semences cultivées auraient disparu en un siècle, selon la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture).

Des graines hors pair

© Getty Images

Publicité

Les semences paysannes ont la particularité d’être extrêmement résistantes et bonnes pour l’environnement. D’une année sur l’autre, le paysan ne garde que les meilleures graines, c’est-à-dire celles qui se sont le mieux adaptées aux conditions locales de culture (climat, sols, etc.) et qui affrontent mieux les maladies et les aléas de la météo. Ainsi, elles ne demandent pas d’engrais ou de pesticides pour se développer, et ne nuisent pas aux insectes pollinisateurs mis à mal par les traitements agricoles chimiques. Par ailleurs, elles sont sélectionnées avec tant de soin qu’elles garantissent un légume qui aura vraiment du goût.

Le combat pour sauver ces semences

© Getty Images

Depuis des années, quelques paysans militent pour échapper à cette agriculture conventionnelle intensive. En Région Bretagne, la coopérative Biobreizh réunissant une soixantaine de producteurs de fruits et légumes, et l’association Kaol Kozh ont ainsi misés sur le bio, et ont pour credo de cultiver naturellement et de vendre en toute liberté leurs semences.

En septembre 2017, Carrefour, en poursuivant sa volonté d’œuvrer pour la biodiversité, s’est rallié à leur cause avec l’opération "Le marché interdit", une campagne de communication et une pétition en ligne visant à porter le combat pour la "libération des semences" sur la place publique, mais surtout à la mise en place de filières pérennes de variétés paysannes. Une opération qui a permis d’en écouler l’année dernière 53 tonnes et qui n’est pas près de s’arrêter là.

Il semble d’ailleurs que le législateur ait entendu ces revendications, car le 19 avril 2018, une nouvelle loi a été adoptée par le Parlement européen stipulant que les agriculteurs pourront, à partir de juillet 2021, vendre librement leurs graines issues de l’agriculture biologique. De quoi redonner un bon coup de peps à votre assiette.

Par Carrefour, publié le 04/10/2018

Copié