Persea Perfecto. (© U.S. Department of Agriculture Pomological Watercolor Collection. Rare and Special Collections, National Agricultural Library, Beltsville, MD 20705)

Cette incroyable collection d’œuvres fruitées va vitaminer votre journée

Miam les (beaux) fruits.

Les dessins botaniques sont partout. Mais avant d’orner les murs d’appartements Instagram-friendly, ces dessins réalistes avaient une raison d’être. Atlas Obscura plonge une nouvelle fois dans l’histoire américaine et nous raconte la folle aventure du référencement de tous les fruits possibles et imaginables ordonné par le département d’Agriculture du pays au début du siècle dernier.

Ce qu’il en reste aujourd’hui ? La Pomological Watercolor Collection, une des plus belles archives botaniques existantes, qui comporte plus de 7 500 aquarelles, dessins et lithographies dont 3 800 pommes. De quoi faire une sacrée compote.

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Protéger les inventions botaniques

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La commission de pomologie – partie de l’arboriculture qui traite de la connaissance des fruits comestibles – a œuvré de 1886 à 1942 et 21 peintres, dont Passmore ou Amanda Almira Newton, y travaillaient. Cette division a été créée dans le but de référencer mais aussi de protéger les nombreux fruits nouvellement inventés grâce à la méthode du croisement.

Les artistes étaient chargé·e·s de peindre les fruits qui n’étaient pas encore représentés, en veillant à indiquer l’année, l’appellation scientifique, le nom de l’agriculteur, la provenance et à retranscrire tous les détails qu’ils observaient sur le fruit.

Fraises par Passmore et Griscom. (© U.S. Department of Agriculture Pomological Watercolor Collection. Rare and Special Collections, National Agricultural Library, Beltsville, MD 20705)

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Citrons par Schutt et Isham. (© U.S. Department of Agriculture Pomological Watercolor Collection. Rare and Special Collections, National Agricultural Library, Beltsville, MD 20705)

Framboises. (© U.S. Department of Agriculture Pomological Watercolor Collection. Rare and Special Collections, National Agricultural Library, Beltsville, MD 20705)

L’industrie fruitière rapportait plus de 300 millions de dollars par an à cette époque et comme les brevets sur les organismes vivants n’étaient pas autorisés, c’était le seul moyen de protéger les inventeurs de ces nouveaux spécimens du vol de leurs créations.

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La photographie couleur n’en était qu’à ses prémices et les natures mortes restaient la meilleure solution pour représenter fidèlement et en couleurs les fruits. Pour les professionnels, c’était également le moyen de connaître l’évolution des fruits dans le temps et leurs étapes de pousse grâce à des dessins évolutifs qui montraient notamment certains fruits en putréfaction.

Recherche de fruits exotiques

La division de pomologie avait également pour but de référencer les fruits exotiques et de les importer sur le territoire américain. De nombreuses expéditions d’exploration ont eu lieu dans ce but et on trouve dans la collection des spécimens provenant de 29 pays différents et des 50 États américains.

Outre l’enrichissement d’un catalogue de fruits, leur apparence, leurs propriétés gustatives et leur intérêt en cuisine a pu être analysé pour tenter de les intégrer dans le pays ou les utiliser pour créer de nouvelles variétés.

Ackee par Newton et Almira. (© U.S. Department of Agriculture Pomological Watercolor Collection. Rare and Special Collections, National Agricultural Library, Beltsville, MD 20705)

Atte par Schutt et Isham (© U.S. Department of Agriculture Pomological Watercolor Collection. Rare and Special Collections, National Agricultural Library, Beltsville, MD 20705)

Sara Lee, une archiviste de la bibliothèque dans laquelle la collection est conservée, confie à Atlas Obscura que pour certains fruits, des répliques en cire étaient même reproduites à taille et poids réels. "Ce sont des reproductions étonnantes, et si, disons, il y a une pomme avec une tache sur le fruit original, l’artiste veut aussi la représenter."

Une collection accessible

Bien que la collection, numérisée depuis 2011, soit riche, seule une partie est en possession fédérale, abritée dans le fonds de la Bibliothèque nationale de l’agriculture de Beltsville. Le reste des dessins appartient à des privés ou s’est perdu au fil des années. En 1930, le Plant Patent Act a autorisé les brevets pour les végétaux, ce qui a donc entraîné, avec la démocratisation de l’appareil photo couleur, l’abandon de cette méthode de classification.

Grenade par Lower et Elsie. (© "U.S. Department of Agriculture Pomological Watercolor Collection. Rare and Special Collections, National Agricultural Library, Beltsville, MD 20705)

Noix de pecan par Heiges et Bertha. (© U.S. Department of Agriculture Pomological Watercolor Collection. Rare and Special Collections, National Agricultural Library, Beltsville, MD 20705)

Citranges par Schutt et Isham. (© U.S. Department of Agriculture Pomological Watercolor Collection. Rare and Special Collections, National Agricultural Library, Beltsville, MD 20705)

Aujourd’hui, certaines de ces peintures sont les seules preuves de l’existence de la culture de fruits qui n’existent plus ainsi que de centaines de variétés de pommes désormais oubliées. Cette base de données, désormais ouverte et gratuite, est un immense puits de ressources historiques et botaniques.

Un livre, Illustrated History of Apples in the United States and Canada, recense les 3 500 images de pommes d’après le catalogue du département fédéral. Et si vous voulez découvrir les 7 500 dessins de la collection au fil des jours, un compte Twitter du nom de Old Fruit Pictures en poste plusieurs par jours. De quoi vitaminer votre timeline.

Par Claire Verriele, publié le 05/04/2019

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