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Do it for the gram(me) : comment la junk food sur Insta influence la jeunesse

Le food porn titille nos cerveaux.

L’univers de la pub n’a pas perdu son temps pour prendre place sur les réseaux sociaux avec des contenus ciblés ou des pubs YouTube aux allures de tutos. Partenariats sponsorisés sur les comptes des influenceurs pour des poudres protéinées ou des thés minceur… une étude anglaise publiée par l’université de Liverpool dans le magazine Pediatrics montre l’influence de ces publicités et du marketing sur les jeunes enfants et les résultats sont probants. 

Je vais te manger des yeux 

L’étude se base sur une expérience menée auprès de 176 enfants âgés de 9 à 11 ans. Ils ont été séparés en trois groupes pour regarder le feed Instagram factice d’un influenceur connu sur YouTube. Le premier groupe a visionné un faux compte avec beaucoup de junk food, le second a vu un feed qui prône le manger sain et le troisième un autre qui ne montrait pas d’images alimentaires. 

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Ensuite, les membres de cet échantillon ont été conviés à un goûter sous forme de buffet avec au choix des en-cas sains et d’autres beaucoup moins. En moyenne, les enfants du groupe qui ont visionné de la malbouffe ont choisi un goûter 23 % plus calorique que les deux autres selon Le Figaro, soit de 91 calories de plus par enfant. A contrario visionner des images de produits sains ne favoriserait malheureusement pas la consommation d’en-cas "healthy" chez les jeunes selon l’étude. Le fait de voir un influenceur connu promouvoir et manger des repas gras et/ou sucrés influencerait donc bien les comportements alimentaires des préados souvent seuls devant les écrans.

L’impact marketing plus fort que jamais 

Sur les réseaux sociaux, il n’y a aucun message nutritionnel de prévention comme c’est le cas dans les publicités télévisuelles pour les produits de "junk food". Si les images qu’ils visionnent les amusent, ils associent l’aliment en question à une émotion positive dans leur cerveau n’ayant pas le recul nécessaire sur sa composition ou sa provenance comme l’explique le professeur Didier Courbet dans un article des Inrocks.

En France, le surpoids infantile concernait un enfant sur six en 2017 et la publicité est pointée du doigt. Après des débats visant à interdire les pubs pour la malbouffe à la télévision, le 21 février dernier, c’est finalement un amendement qui a été voté pour rendre obligatoire l’affichage nutriscore – qui classe les aliments de A à E – dans les spots télé mais il doit encore être voté au Sénat pour être validé. Concernant Internet, aucune mesure n’existe pour l’instant mais cette étude anglaise montre que cette lacune a des conséquences sur les plus jeunes. 

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Par Claire Verriele, publié le 23/09/2019

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