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Si vous avez tout le temps faim, c’est peut-être à cause de votre ADN

Un étude britannique révèle que certains individus possèdent une défaillance au niveau du gène qui régule l'appétit.

Le poids des individus est en partie liée à leur métabolisme dit "de base", variable selon l’âge ou le sexe qui détermine le nombre de calories dont le corps à besoin au repos, certains étant donc susceptibles de prendre du poids plus facilement. Selon des chercheurs britanniques, un autre facteur vient compléter cette théorie, nous ne serions pas tous égaux face à la sensation de faim et cela serait dû au gène codant pour le récepteur 4 de la mélanocortine (MC4R), situé sur le chromosome 18.

Petit gène, grand impact

Le gène MC4R régule en partie la satiété, cette sensation qui survient quand on a l’impression d’avoir assez mangé. Dans leur étude publiée dans le journal Cell et relayée par le New York Times, la docteure Sadaf Farooqi de l’université de Cambridge et l’épidémiologiste Nick Wareham ont analysé les données génétiques de 452 300 personnes de 40 à 69 ans présentes dans la Biobank britannique en comparant leur gène MC4R avec leur indice de masse corporelle. Il s’avère que moins ce gène est actif, moins la satiété se fait ressentir.

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En somme, si notre gène MC4R présente des altérations, plus on ressent la faim (tout le temps) et plus on a de chances de prendre du poids. Selon les résultats observés, les personnes présentant des mutations MC4R ont tendance à être plus obèses et ont 50 % de risques en plus d’avoir du diabète. "Cela prouve que MC4R est un contrôleur de poids important, sinon le plus important", a déclaré la docteure Farooqi au New York Times. Quand tu n’en peux déjà plus au bout de trois parts de pizza et que tu te demandes comment fait ton pote pour en manger deux entières, cela pourrait être à cause de cette différence génétique entre vous.

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Des inégalités corporelles mieux comprises

Les personnes qui prennent facilement du poids auraient tout simplement plus faim que les autres. À l’inverse, environ 6 % des personnes étudiées auraient un gène MC4R "superactif" qui ne leur donnerait que très peu d’appétit et l’impression d’être tout le temps rassasiées. Par conséquent, ces individus sont généralement plus minces et n’ont que peu d’intérêt pour la nourriture. Leur risque de contracter du diabète ou une maladie cardiaque est également inférieur à la moyenne.

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Cette étude britannique montre que nous ne sommes vraiment pas tous égaux face à l’alimentation et que l’impact de notre génome sur nos comportements reste encore peu connu. Elle offre une nouvelle vision de l’obésité en lien à la faim ressentie dans des moments où le corps n’a pas besoin de nutriments supplémentaires et pose ainsi un nouvel axe de recherches pour des solutions visant à pallier ce dérèglement.

Par Claire Verriele, publié le 25/04/2019

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