© Marco Verch via Flickr

Le "régime de santé planétaire", la recette pour nourrir 10 milliards de personnes en 2050

Il reste encore un peu d’espoir pour nourrir l’humanité.

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En 2050, il faudra nourrir dix milliards de personnes. Mais face à ce constat qui peut donner le vertige, une commission internationale se montre plutôt rassurante : il sera possible de contenter toujours plus d’êtres humains, tout en améliorant la qualité de notre alimentation… à quelques conditions.

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Trois années durant, une commission, formée par la revue médicale britannique The Lancet et la fondation EAT, a travaillé avec une trentaine d’experts de seize pays différents, rapporte Le Monde. Les résultats de leur étude viennent d’être annoncés et, avec eux, un "régime de santé planétaire" qui – s’il est suivi – permettrait de répondre à un grand nombre de problématiques aussi bien en matière de santé que d’environnement.

On mange quoi pour préserver la planète ?

L’assiette fictive imaginée par l’étude est relativement variée. On y trouve principalement des végétaux (500 grammes par jour) mais aussi des légumineuses, de manière à augmenter son apport en protéines végétales. On mise aussi sur les fibres, avec des céréales complètes, et on réduit sa consommation de sucre. Des prescriptions qui vont dans le sens du mieux manger.

Et la viande dans tout ça ? Le régime recommande de se limiter à un steak de viande rouge par semaine, ou à deux portions de viande blanche ou de poisson. Un régime flexitarien, en somme, comme l’explique Fabrice DeClerck, directeur de la recherche de la Fondation EAT au Monde. C’est-à-dire "doubler la consommation mondiale de fruits, de légumes, de noix et de légumineuses" et "réduire de plus de 50 % celle de viande rouge et de sucres".

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Le "régime de santé planétaire" selon la commission. (© EAT-LANCET COMMISSION)

Mais cette assiette "parfaite" n’est qu’un modèle auquel tous les humains devraient se conformer s’ils étaient tous logés à la même enseigne. Ce n’est évidemment pas le cas, compte tenu des diversités économiques et climatiques à travers le monde, et c’est justement là que l’étude innove.

Un équilibre planétaire

La publication repose sur deux principes fondamentaux : inclusion et équilibre. Ainsi, l’application à l’échelle mondiale de ce régime devra prendre compte de plusieurs facteurs : les disparités des systèmes agricoles, des niveaux de vie et d’accès aux ressources alimentaires dans le monde. "Pour s’y conformer, un Nord-Américain devrait diviser par plus de six sa ration actuelle de viande rouge, tandis qu’un habitant d’Asie du Sud-Est devrait la multiplier par deux", résume le quotidien.

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Dans la même logique, l’étude préconise de baisser le nombre de calories journalières dans les pays riches qui affichent un excédent par rapport aux 2 500 calories recommandées par l’OMS… et de les augmenter dans les pays les plus pauvres où sévit la sous-nutrition. D’autant que dans les pays les plus développés, les excès alimentaires représentent un vrai fléau et "un risque de maladie et de mortalité plus grand que les rapports sexuels non protégés, l’alcool, les drogues et le tabac cumulés", note Fabrice DeClerck.

L’agriculture, enjeu majeur

Selon les auteurs, ce régime alimentaire de demain pourrait permettre une baisse de la mortalité des adultes de 20 %, un recul de la prématurité, mais aussi d’éviter l’exploitation des écosystèmes au-delà de leurs limites et de stabiliser les émissions de gaz à effet de serre. "Nos travaux montrent qu’une alimentation meilleure pour la santé est aussi meilleure pour l’environnement", explique-t-il. D’une pierre, deux coups.

À rebours d’études plus alarmistes, ces travaux valorisent des mesures concrètes pour l’alimentation de demain. Il ne serait donc pas trop tard pour agir… à condition d’être prêt à s’y mettre rapidement. "Même de faibles augmentations de la consommation de viande rouge ou de produits laitiers rendraient ce but difficile voire impossible à atteindre", prévient l’étude.

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Par Claire Verriele, publié le 21/01/2019

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