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Mais au fait, pourquoi on mange des œufs en chocolat à Pâques ?

Qui de l'œuf ou du chocolat ? On a croqué le mystère pour vous.

Cachés dans le jardin pour les plus petits et dégustés par gourmandise à tous les âges, les œufs en chocolat sont légion durant la période de Pâques, qu’on soit croyant ou pas. On en mange d’abord parce que c’est bon (c’est une bonne raison), mais on est tout de même en droit de se demander d’où vient cette tradition qui offre une crise de foie à ceux qui ont les œufs plus gros que le ventre ? Club Sandwich a mené l’enquête.

L’œuf comme symbole de la vie dès l’Antiquité

L’œuf symbolise le renouveau. Dans son article "L’œuf dans le calendrier populaire grec et le temps mythique", l’anthropologue Marie-Christine Anest Couffin explique que les Grecs, peuple aux croyances païennes, voyaient dans les œufs un symbole du cycle régénérateur de la vie. En effet, au printemps, période de réveil de la flore et de reproduction des animaux, il était coutume de les manger et de les décorer pour célébrer l’arrivée de la belle saison et la résurrection de la nature ; une pratique qui a encore cours en Grèce ou en Alsace.

Cette célébration de l’œuf pour marquer le printemps, datant de l’Antiquité, coïncide avec la période de Pâques (entre le 22 mars et le 25 avril de chaque année) ce qui explique en partie cette coutume d’associer l’œuf à cette fête.

De l’œuf en trop à la sucrerie gourmande

Bien évidemment, la tradition a également une origine religieuse. Selon l’Église catholique de France, au Moyen Âge, durant le Carême — la période de jeûne qui précède la fête –, les chrétiens n’avaient le droit de manger ni chair animale ni œufs. Pourtant, les poules continuaient de pondre et les croyants se retrouvaient avec un stock d’œufs conséquent qu’il fallait écouler une fois l’interdiction levée. Pour cela, on les cuisinait dans les recettes pascales et les coquilles étaient gardées et décorées.

Petit à petit, les œufs furent garnis de produits sucrés pour en faire des friandises. Lorsque le chocolat est découvert au Mexique au XVIe et importé en Europe, il remporte un grand succès, mais reste réservé aux élites. C’est au XIXe siècle que l’on assiste à sa démocratisation, avec l’ouverture de chocolateries et le développement de techniques pour maîtriser la texture du cacao.

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Selon La Croix, c’est la découverte de la pâte de cacao (sucre, beurre de cacao et cacao en poudre) par les frères Fry qui a permis l’utilisation du chocolat pour la confiserie car il était désormais possible de le mouler facilement. Pour faire marcher leur commerce, les magasins façonnèrent des chocolats pour Pâques en forme du symbole le plus prégnant de cette fête : l’œuf, qui sera rapidement accompagné de la poule.

La diversification des formes

Par extension et opportunité commerciale, les chocolatiers ont également commencé à représenter d’autres emblèmes religieux liés à la fête de Pâques. On peut citer les fritures (poissons, coquillages) en référence à des passages de la Bible – comme les pêches miraculeuses et la multiplication des poissons par le Christ – mais aussi les cloches. On racontait aux plus petits qu’elles ne pouvaient pas sonner durant la Semaine sainte, précédant Pâques, car elles étaient parties à Rome rencontrer le Pape, mais reviendraient avec des douceurs. Chaque année, ce sont environ 14 500 tonnes de chocolat, toutes formes confondues, qui sont vendues pour célébrer Pâques en France.

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Par Claire Verriele, publié le 18/04/2019