Un déjeuner au bureau (© Ella Olsson)

Qui sont ces collègues qui ne peuvent s’empêcher de voler le déjeuner des autres

Voler, c’est mal, même si c’est juste le dessert d’un collègue.

Un déjeuner au bureau (© Ella Olsson)

Voilà une question qui me travaille depuis un bon moment. À mon ancien boulot, je me souviens d’un micro-scandale, survenu après que le dessert de l’un de mes collègues avait disparu. Le larcin, pas dramatique en soi mais ayant pris des proportions démesurées, avait particulièrement refroidi l’ambiance de la rédaction. Malgré une tentative de conciliation et une investigation menée par quelques personnes en toute discrétion, l’auteur du méfait n’avait finalement jamais été confondu.

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Aux États-Unis, le vol de nourriture au bureau est également une réalité. Dans une récente enquête, le magazine Grub Street a essayé de comprendre ce qui pouvait bien pousser certaines personnes à chaparder une boisson, un plat ou un dessert appartenant à ses propres collègues. Et cela s’est montré aussi compliqué que l’on pouvait se l’imaginer. La journaliste Katie Heaney a à peu près tout tenté : des témoignages anonymes en échange de quelques contreparties alimentaires, des appels sur Twitter, un post sur Reddit… En vain, jusqu’à ce qu’un message lui arrive.

L’e-mail a été envoyé par Rob. Il se présente comme un développeur informatique de 40 ans – ce sont les seules informations qu’il a bien voulu rendre publiques –, et son témoignage permet de mieux comprendre ce qu’il se passe dans la tête de ces délinquants d’open space. Tout a commencé, dit-il, par des cannettes de soda.

Ça commence par un soda…

"Quand j’ai commencé à travailler, je travaillais souvent tard le soir et j’oubliais d’amener de quoi boire ou manger. Je me servais juste en prenant un soda, par ci, par là. Habituellement, je les remplaçais après coup. Mais tu deviens vite flemmard, alors tu oublies de les remplacer, et tu te mets à te servir dans les autres produits présents, comme les cupcakes".

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Au début, il s’était même fixé une règle : ne jamais prendre le dernier soda, ou le dernier repas qui ne lui appartenait pas. Mais avec le temps qui passe, l’éthique s’est elle aussi quelque peu envolée. Même s’il aurait pu se faire attraper plusieurs fois, Rob ne s’est pas arrêté pour autant. Car si les grands frigos d’open space permettent de chaparder facilement, il remarque surtout que les gens "ont peur de la confrontation".

Mais Rob, qui se présente comme une personne assez sympathique et pas vraiment portée sur la délinquance, a-t-il pris toute la mesure de ses actes ? Oui, semble-t-il. "Maintenant que j’y pense, ouais, c’est assez mesquin de ma part de faire ça… Je ne suis pas une personne détestable, mais j’ai clairement des problèmes d’éthique."

Pour lire le témoignage en intégralité, c’est par ici.

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Par Robin Panfili, publié le 05/11/2018

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