À la rencontre du "ramen club" le plus cool d’Internet

Ils sélectionnent les meilleurs ramen instantanés à travers le monde et les envoient jusque dans votre boîte aux lettres.

(© Gourmet Ramen Club)

Une période de mélancolie, un hiver trop rigoureux, des fins de mois difficiles… On a tous notre petite histoire avec les ramen et les petits sachets miracles de nouilles instantanées. S’ils ont parfois mauvaise réputation, il en existe pourtant de très bons. Reste que, si l’on ne sait pas où chercher, il est souvent bien souvent difficile de mettre la main dessus.

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Pour combler ce besoin, trois amis américains ont monté un club de ramen, le Gourmet Ramen Club. À travers cette initiative unique en son genre, ils recherchent et sélectionnent les meilleurs ramen instantanés en sachet que l’on peut trouver dans le monde entier, le plus souvent dans certains pays asiatiques – Corée du Sud, Thaïlande, Japon, Chine, Indonésie.

En échange d’une souscription mensuelle, les trois acolytes s’occupent d’envoyer par colis à leurs abonnés une sélection de ramen – au porc, au poulet, aux crevettes, végétariens, épicés… – réalisée par leurs soins. L’un de ses fondateurs, John Smith, graphiste américain autodidacte aux racines sud-coréennes, nous a raconté l’histoire peu banale de ce club qui, dans un futur proche, pourrait bien s’ouvrir à l’international.

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Club Sandwich | Comment vous est venue l’idée de monter un ramen club ?

John Smith | Quand nous avons lancé notre société de marketing, JOOC Media, nous n’avions pas énormément de clients. Alors, on voulait montrer de quoi nous étions capables…

C’est-à-dire ?

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On voulait montrer à des clients potentiels nos compétences en matière de marketing et surtout essayer des méthodes non conventionnelles sans mettre en péril les affaires d’un client. On a donc créé un ramen club fictif, le Gourmet Ramen Club. C’était un bon moyen de nous familiariser avec le fonctionnement d’un site de commerce en ligne, afin d’offrir par la suite cette expertise à nos clients.

Pourquoi avoir choisi les nouilles instantanées ?

L’idée nous est venue après que mon frère, David, est allé faire quelques courses dans une épicerie asiatique de quartier. À la caisse, la caissière lui a dit que les ramen qu’il s’apprêtait à acheter étaient ses préférés. Elle était étonnée qu’aussi peu de gens connaissent ce produit, alors qu’il en existe des milliers de sortes. Ça nous a donné l’idée de lancer un abonnement à une box qui fournirait différents types de ramen.

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Et ça a marché ?

En créant cette fausse entreprise, on a dû monter un site Internet, on a dû créer toute une charte graphique… Pour l’occasion, on a aussi réalisé une vidéo promotionnelle.

Le lendemain, on a été contactés par la société d’informatique Zealcon, avec qui nous travaillions un peu déjà auparavant. Le responsable a adoré l’idée et nous a dit qu’il souhaitait investir dans la société. Il a placé de l’argent pour le premier mois, ce qui nous a permis d’acheter des cartons d’emballage et notre stock de ramen. Notre plan initial a fonctionné, et ça faisait plaisir.

Cela a aussi attiré l’attention des experts en ramen…

Peu de temps après le lancement officiel du Gourmet Ramen Club, on a contacté The Ramen Rater [une référence du test de ramen sur Internet, ndlr]. Et il a accepté de s’associer avec nous pour créer, chaque année, un pack de ses nouilles épicées préférées.

Quelle est l’ambition de ce club ?

Vous aimez tester de nouvelles saveurs ? Vous êtes un étudiant fauché et vous préférez manger un bon ramen plutôt que du polystyrène ? Vous êtes parent et vous souhaitez envoyer un peu d’amour à votre enfant pour qu’il n’oublie pas votre existence ? Vous êtes un détenu lassé des nouilles instantanées bon marché ? Vous êtes un passionné d’anime et vous rêvez de vous imaginer dans le ramen bar de Naruto ? Vous souhaitez découvrir les saveurs du monde, mais vous ne pouvez pas vous permettre de voyager ? Alors le Gourmet Ramen Club est fait pour vous.

(© Gourmet Ramen Club)

Vous avez beaucoup d’abonnés ?

Suffisamment pour que l’entreprise soit autonome et que nous baignions dans les sachets de ramen. Ironiquement, dans le monde des start-up, on appelle ça "être ramen profitable".

Est-ce que cela correspond à un engouement pour le ramen qui semble se développer ces dernières années ?

Sans aucun doute. Cela semble être un petit rite de passage pour les jeunes et les étudiants. Si vous n’avez pas survécu à des mois à ne manger que ça, alors vous ne survivrez probablement pas dans le monde réel. Plus sérieusement, on a vu que les gens essaient plein de choses avec le ramen : le ramen burrito, les nouilles coréennes à la pastèque (soobak naengmyun)…

Et même dans les restaurants…

On voit effectivement de plus en plus de restaurants "authentiques" de ramen où des chefs perfectionnent leurs bouillons secrets et vantent chaque jour la fraîcheur de leurs nouilles fabriquées à la main. Ramen authentique ou ramen new age, chacun a son point de vue sur le ramen. Les possibilités sont illimitées. Peu importe comment vous le fabriquez, un bon bol de ramen sera toujours un repas chaud fait maison – peu coûteux et facile à préparer.

D’où viennent vos ramen ?

Principalement de Corée du Sud, d’Indonésie, de Chine, du Japon et de Thaïlande.

Un ramen maison à partir d’un sachet de nouilles instantanées. (© Gourmet Ramen Club)

Quels sont vos ramen préférés ?

Personnellement, c’est le shin ramen. C’est drôle parce qu’on peut le trouver facilement dans certaines grandes surfaces. C’est le parfait équilibre entre les épices. Ajoutez-y un œuf, quelques algues et vous obtenez un ramen qu’on pourrait vous servir au restaurant. La nostalgie joue aussi, étant donné que ma mère vient de Corée du Sud. Elle nous cuisinait ça quand nous étions enfants, avec mon frère.

Selon toi, il faut manger ces ramen à quelle(s) occasion(s) ?

Cela dépend des ramen, je dirais. S’il fait froid ou qu’il pleut dehors, alors un bol de ramen chaud fera des merveilles. L’été, ma mère préparait aussi des nouilles froides, avec de la glace et des concombres. Parfois, ça rend service pour un déjeuner rapide au travail.

Mais je ne dirais pas qu’il y a de meilleur moment pour manger un ramen, ça peut même faire office de petit-déjeuner. Appelez ça des céréales asiatiques, si vous voulez. Le pire moment pour manger des ramen, c’est quand vous n’en avez plus. Ne laissez jamais ce moment arriver.

Vous ne livrez (gratuitement) pour le moment qu’aux États-Unis. Est-ce qu’on pourra en commander en France un jour ?

On y réfléchit… Si les gens sont prêts à payer les frais de port à l’international, alors pourquoi pas ? Est-ce que l’export de ces sachets de ramen posera problème pour le contrôle aux douanes par exemple ? Si tout fonctionne comme on le souhaite et que c’est viable financièrement, alors on se lancera… et tu en seras le premier informé.

À lire –> Pour 20 balles à l’épicerie asiatique

Par Robin Panfili, publié le 02/11/2018

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