Par Pharrell Arot

Dernier stop de notre voyage en Interrail. Saké, café et vin autrichien, on est allé chercher la modernité dans les rues cosmopolites de Berlin.

© Tobias Nordhausen/Flickr

Six heures de train depuis Amsterdam, en s’arrêtant dans les petites gares de campagne, le voyage en train jusqu’à Berlin est bucolique. Au wagon-bar, en ce vendredi après-midi, tout le monde, du businessman au fêtard, commande des pintes, servies dans des vrais verres, signe que nous avons définitivement passé la frontière. L’arrivée à Berlin, sur les coups de 17 heures, est magnifique : des milliers de personnes ont déjà pris place dans les parcs qui longent la voie ferrée pour célébrer ces premiers jours de printemps.

Omakase

(© Club Sandwich)

Pour le dîner, direction Zenkichi. Cachés derrière la façade d’une compagnie d’assurances, deux escaliers mènent au Japon. Dans la cave, on entre dans un décor fait de bambous et d’étagères pleines de bouteilles de saké. Ici, la tradition japonaise est de rigueur, orchestrée avec une parfaite justesse. Et c’est une sommelière allemande qui vient défendre le vin de riz comme personne. Le menu fixe, ou omakase en japonais, se déroule en huit plats, où poisson cru, tofu, tempura, poisson grillé et bœuf wagyu se succèdent, chaque fois avec leur pendant en saké. Les assaisonnements et le rythme sont parfaits. En dessert, une gelée d’agar-agar au pamplemousse, d’une clarté éblouissante, me ravit. C’est sans doute le meilleur dessert que j’ai mangé cette année de par sa simplicité et son efficacité. La note est assez élevée (une centaine d’euros avec l’accord mets-saké), mais le jeu en vaut largement la chandelle.

(© Club Sandwich)

Café glacé

(© Club Sandwich)

Après une nuit aux vapeurs de saké, direction Kreuzberg, le paradis des hipsters, le matin venu pour le petit-déjeuner. Aux alentours de VooStore, le concept store local, les petits cafés se cachent à l’intérieur des blocs. D’abord chez Bonanza, le torréfacteur le plus en vue de la ville. Avec ses petites tables en bois et ses chaises longues dans une cour ensoleillée où se baladent des chiots, c’est le meilleur endroit pour poser son MacBook et écrire son mémoire, en commandant une tasse de café filtre glacé délicieuse, pour l’énergie. À quelques rues, chez Concierge Berlin, le café est aussi torréfié maison. L’ambiance y est aussi studieuse et un brin plus traditionnelle. Notre jauge de caféine remontée, c’est l’heure de faire un petit passage au supermarché.

Die Wurst ist weg

(© Club Sandwich)

Je ne vais pas vous le cacher, j’ai une passion aiguë pour les supermarchés. C’est souvent le premier endroit que je fréquente quand j’arrive à l’étranger, histoire de choper quelques produits locaux et sentir la vibe alimentaire d’une ville ou d’un pays. Alors que les Allemands font partie des peuples qui allouent le moins de budget à leur alimentation quotidienne en Europe, les rayons fleurissent de pots de mayonnaise incroyables et saucisses en bocaux. Je chope donc quelques sucreries locales et, évidemment, quelques mini-flasques d’alcool Feigling, petite madeleine de Proust de mes voyages allemands passés.

(© Club Sandwich)

Cordobar

A post shared by @cordobar_berlin on

Vins naturels et assiettes inventives, le Cordobar est sans doute l’établissement le plus en vue de Berlin. Anciennement tenu par l’Autrichien Lukas Mraz qu’on avait rencontré à Lyon au festival Attable alors qu’il cuisinait avec le reste de l’avant-garde autrichienne, le Cordobar est l’endroit idéal pour découvrir une carte de vins naturels allemands et autrichiens, le tout accompagné d’une cuisine de saison, à partager entres initiés. Pour éviter les embouteillages, on vous conseille vivement de réserver sur le site.

Quelques bières dans un petit Biergarten du Mitte, et il est temps de rentrer en France, sans passer par le Berghain. Londres, Bruxelles, Amsterdam, Berlin, notre voyage en train s’achève ici, où les rues sont larges et le temps peu compté. À vous de préparer votre prochain voyage, pourquoi pas avec un pass Interrail dans la poche.