featuredImage

Changement climatique : un chercheur suggère de manger de la chair humaine

Ce serait la "solution pour un avenir alimentaire durable". Vraiment ?

C’est une déclaration qui a secoué un séminaire plutôt tranquille jusque-là. À Stockholm, le 10 septembre 2019, un chercheur suédois a suggéré de "s’ha­bi­tuer à manger des aliments dont on n’a pas l’ha­bi­tude, tels que la chair humaine prove­nant des cadavres". Une manière, selon lui, de "sauver la planète" et parvenir à un avenir alimentaire durable. Rien que ça.

À l’occasion du Gastrosummit, un sommet annuel sur l’alimentation organisé en Suède, Magnus Söderlund, professeur et chercheur à l’École des sciences économiques de Stockholm, a tenu une conférence sur le thème de l’alimentation du futur au nom évocateur et volontairement provocateur : "Pouvez-vous imaginer manger de la chair humaine ?".

Briser des tabous

Le chercheur est bien conscient du tabou de l’anthropophagie, mais il estime qu’il ne relève que de la psychologie et la philosophie. En clair, cette réticence pourrait être surmontée avec le temps, simplement "en commençant par persuader les gens à y goûter", a-t-il expliqué à la chaîne de télévision suédoise TV4 :

"Je suis quelque peu hésitant, mais pour ne pas paraître trop conservateur… Je dirais que je serais ouvert à au moins goûter."

© TV4

Danger pour la santé

Mais Magnus Söderlund semble omettre un autre obstacle, purement médical celui-ci, qui est que la chair humaine est un produit à très grand risque pour notre santé. Dans les années 1950, la médecine s’était intéressée à une maladie touchant une population aborigène en Papouasie-Nouvelle-Guinée qui consommait le corps des défunts lors de rites mortuaires.

Cette maladie dégénérative, appelée kuru, a décimé cette communauté en faisant près de 2 700 morts. Les victimes étaient essentiellement les femmes et les enfants, qui consommaient le système nerveux central. Les hommes, à qui l’on réservait les muscles, étaient davantage épargnés. 

Animaux de compagnie et insectes

Pour autant, la suggestion de Magnus Söderlund ne sort pas de nulle part. Comme l’explique Business Insider, des périodes de famines liées à une hausse des températures et une disparition de nombreux animaux (bisons, rennes, mammouths…) avait poussé certaines populations d’hommes de Neandertal à pratiquer le cannibalisme pour survivre. 

En fin de conférence, comme dans son interview à la télévision suédoise, Magnus Soderlund a ajouté un peu de nuance à son propos. S’il se dit prêt à "essayer" la chair humaine, il reste convaincu que, dans un futur à moyen ou long terme, manger des animaux de compa­gnie ou des insectes serait une option plus plau­sible pour pour sauver l’humanité de la faim.

Par Club Sandwich, publié le 12/09/2019

Copié