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Grâce au crowdbutchering, on s'assure de ne pas contribuer à l'abattage abusif

Une manière plus responsable de manger de la viande.

Quand on aime la viande et qu’on l’achète en boucherie ou au supermarché, aucun moyen de savoir ce qu’il est advenu du reste de l’animal, si les autres morceaux ont été gaspillés ou si tout a été vendu.

Une pratique venue des Pays-Bas, d’Allemagne et de Suisse tente d’y remédier en nous proposant de choisir des morceaux de viande et de s’assurer que toute la bête trouvera preneur. Cela s’appelle le crowdbutchering ou viande partagée. On vous explique comment ça marche.

On s’inspire des bonnes pratiques de nos ancêtres

À l’époque de nos parents, il n’était pas rare que lorsqu’un cochon était prêt à être tué dans un village, les différentes familles du cru se partagent ses morceaux avant même qu’il ne soit abattu. Il y avait ainsi une transparence totale sur la provenance de la bête et l’assurance que tout l’animal allait être consommé, des pieds à la tête.

C’est sur ce même principe de traçabilité et de partage que s’appuie le crowdbutchering. En Suisse, Happy Meat propose sur son site de commander minimum 3 kg de bœuf en étant informé de l’avancement de la vente totale. Quand celui-ci atteint un taux de 100 %, la bête est abattue et ses morceaux répartis entre les différents clients.

Ça arrive en France

Lancé l’an dernier par le français Clément Thollot et son associé, le site Pig’s Daddy propose de commander du porc en crowdbutchering. Le créateur explique que le concept lui est venu en se remémorant la manière dont il achetait la viande dans son village natal : "Le crowdbutchering permet de remettre ce principe au goût du jour tout en le rendant accessible à ceux qui vivent en ville."

Sur son site, on ne trouve que des porcs issus de petits élevages français avec la description précise des animaux disponibles – âge, sexe, race –, pour une transparence totale. La start-up vous envoie ensuite un colis sous vide à domicile avec vos morceaux, les délais variant selon la rapidité avec laquelle le porc entier est vendu.

Moins de viande mais de la meilleure qualité

Comme cette pratique se base sur un achat en communauté, les délais peuvent aller jusqu’à un mois d’attente et les prix sont également plus élevés qu’au supermarché (environ 16 euros le kilo de porc chez Pig’s Daddy). Mais comme le note Sosoir, cette idée permet de s’assurer que la bête n’aura pas été abattue à perte, de connaître sa provenance et de valoriser les parties nobles mais aussi moins courues de l’animal pour mettre en valeur sa qualité.

Avec le crowdbutchering, on valorise les petites exploitations en consommant de la viande de manière durable et en diminuant le gaspillage. Face aux dégâts environnementaux causés par l’élevage intensif, consommer moins de viande et de manière plus responsable apparaît comme une nécessité et cette initiative s’inscrit pleinement dans cette démarche, on s’y met ? 

Par Claire Verriele, publié le 14/06/2019

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