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De la porcelaine à la cantine pour les bambins des crèches de Limoges

Des assiettes de luxe pour lutter contre les perturbateurs endocriniens.

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Les perturbateurs endocriniens comme le bisphénol A ou les phtalates sont présents autour de nous – notamment dans le plastique de produits de notre quotidien – mais il est possible de limiter leur influence en optant pour des matériaux nobles et sains.

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Les plus petits sont souvent confrontés à ces agents chimiques nocifs que l’on retrouve dans les biberons, les produits nettoyants mais aussi dans la vaisselle qui leur est destinée. C’est pourquoi la ville de Limoges a pris des mesures et a décidé de remplacer les assiettes, couverts et gobelets en mélamine (matériau souvent utilisé pour la vaisselle d’enfant car incassable) de ses 13 crèches municipales par des plateaux en porcelaine… de Limoges, bien sûr.

Une initiative locale

Fin 2019, les petits bouts de chou limougeauds se verront servir leurs repas dans des plateaux 100 % porcelaine de Limoges "made in France". La démarche de leur création et de leur fabrication est elle aussi bien locale car, selon Curieux !, c’est une étudiante du lycée Raymond-Loewy de La Souterraine qui a conçu le modèle, orné de motifs d’animaux de la ferme (vache, mouton, lapin, cochon). Le lycée professionnel du Mas Jambost se chargera quant à lui de la réalisation et les plateaux seront ensuite produits par la fabrique de Saint-Brice-sur-Vienne.

Les savoir-faire locaux sont alors mis en valeur, tout comme la porcelaine, un matériau noble et sans danger, symbolique de la ville. "Jusqu’à présent, les petits des crèches municipales mangeaient dans des supports en mélamine achetés par la ville ou offerts par des fournisseurs de produits pour nourrissons et enfants, qu’une expertise a jugés comme mauvais surtout au contact d’aliments très chauds. Il fallait un matériau inerte. À Limoges, il paraissait évident de prendre non pas du verre mais de la porcelaine", explique Nadine Rivet, adjointe au maire en charge de la petite enfance au journal Libération.

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Une démarche globale

Le maire de la ville, Émile-Roger Lombertie – qui est un ancien médecin –, est à l’origine de cette démarche qu’il avait lancée à travers la signature d’une charte "Ville santé citoyenne" en 2015. En 2018, Limoges a aussi ratifié la charte des "Villes et Territoires sans perturbateurs endocriniens" ce qui l’a amenée à faire des tests dans ses crèches municipales. Face à la présence détectée de perturbateurs endocriniens, des actions ont été mises en place pour rectifier le tir.

On peut notamment noter l’arrêt de l’utilisation de biberons en plastique et de lingettes, une réduction des produits ménagers chimiques, le remplacement de la peinture artificielle par une alternative végétale et l’utilisation de gobelets en verre comme l’explique France Bleu. Les assiettes en porcelaine viennent alors logiquement compléter cette démarche qui pourra servir d’exemple à d’autres municipalités. La prochaine étape sera d’obtenir un écolabel pour les produits d’entretien et d’encourager le bio dans les crèches mais aussi dans les écoles primaires.

Par Claire Verriele, publié le 01/03/2019

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