© Nous anti-gaspi

Ces épiceries anti-gaspi nous proposent de faire nos courses autrement

Communication fun pour ces produits peu conformes.

En France, le gaspillage alimentaire est un fléau qui correspond à 10 millions de tonnes de nourriture jetées chaque année. Et le consommateur représente 33 % de ce gâchis. Une chaîne de supermarchés a trouvé comment réduire ces pertes astronomiques des deux côtés de la barrière en proposant aux clients de ses magasins des produits qui auraient été refusés ou jetés par la grande distribution. Une façon pour le consommateur d’agir de manière responsable et pour le producteur de valoriser des denrées d’habitude invendables.

Bon pour la planète et le porte-monnaie

Vincent Justin et Charles Lottmann – qui a notamment participé au lancement du label "Les Gueules cassées" pour donner une seconde vie aux légumes biscornus – ont mis au point le premier modèle de supermarché anti-gaspillage français dans la première région agroalimentaire du pays, la Bretagne. Le premier magasin Nous anti-gaspi a ouvert à Melesse près de Rennes, en mai 2018, suivi quelques mois plus tard par une seconde enseigne à Saint-Jouan-des-Guérets.

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On y retrouve des denrées de toutes sortes : des fruits et légumes, des produits frais et secs, des boissons et même des surgelés, des produits de beauté et du bio. "Nous récupérons les invendus directement auprès des producteurs. Du petit maraîcher local, qui livre ses produits tous les deux ou trois jours, au gros industriel de l’agroalimentaire comme Danone, nous avons aujourd’hui deux cents fournisseurs, un chiffre qui s’accroît chaque semaine", explique Charles Lottmann au Figaro.

© Nous anti-gaspi via Facebook

Chaque épicerie permet de sauver 35 tonnes de denrées alimentaires par mois, évitant ainsi à 81 tonnes de gaz à effet de serre d’être rejetées dans l’atmosphère. Un geste écologique donc, mais aussi économique, car faire ses courses dans ce supermarché permettrait à une famille de quatre personnes d’économiser deux cents euros par mois environ.

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Des rayons didactiques

Sur les étals, chaque produit est accompagné d’un petit écriteau doté d’une touche d’humour qui nous apprend pourquoi et comment il est arrivé dans ce magasin. On y retrouve des fins de série, des denrées avec des petits défauts ou proches de leur date de péremption. Plus surprenant, on apprend que des problèmes de traduction, d’informations nutritionnelles, d’emballages obsolètes ou de retards de livraison conduisent aussi à un rejet par les supermarchés classiques.

© Nous anti-gaspi via Facebook

© Nous anti-gaspi via Facebook

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Selon les arrivages, les magasins publient les nouveautés sur leur page Facebook, l’offre est donc variable selon les semaines mais cela permet de se laisser surprendre. De plus, le mobilier des magasins, constitué de palettes et de meubles en cartons recyclés, vient compléter la démarche engagée de l’enseigne, et des chariots d’occasion sont mis à la disposition des clients. Le succès de Nous anti-gaspi est au rendez-vous, si bien qu’une troisième boutique va ouvrir ce mois-ci à Rennes et une quatrième en juin à Laval (la première enseigne hors de la Bretagne).

Par Claire Verriele, publié le 23/04/2019

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