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L’ADN de la pasta est quatre fois plus grand que celui de nous autres humains

Les pâtes > les humains.

En Italie, quand on ne se chamaille pas sur la bonne manière de cuisiner les pâtes, on passe le plus clair de son temps à chercher à comprendre les propriétés de cet aliment extraordinaire. Dernière initiative en date : le séquençage du génome de la pasta ou, plus précisément, du blé dur.

À ceux qui en douteraient, l’étude est très sérieuse. Pendant cinq années, une soixantaine de chercheurs venus de sept pays différents (dont l’Italie, évidemment) se sont creusé la tête et concertés afin de créer une cartographie génétique du blé dur. Publiée dans la revue scientifique Nature Genetics et repérée par Il Sole 24 Ore, l’étude est arrivée à la conclusion que l’ADN de la pasta est quatre fois plus grand que celui de l’humain.

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La pasta du futur

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Cette connaissance plus précise du génome et donc de l’ADN du blé dur est utile à plusieurs égards. Elle permet d’identifier les variétés de blé les plus résistantes à la sécheresse, les plus nutritives, les plus sensibles aux maladies ainsi que celles qui offrent le meilleur rendement. Mais elle offre également la possibilité de tracer les variétés de blé avec plus de précision.

© Claudia Totir/Getty Images

Anticiper les enjeux climatiques

Les recherches et les analyses de l’étude ont par ailleurs permis aux chercheurs d’élaborer un arbre généalogique complet du blé dur. Selon leurs conclusions, la plante aurait ainsi dérivé et évolué de l’épeautre près de 4 000 ans en arrière. "L’amélioration génétique moderne, avec les croisements et les sélections, a conduit au blé dur que nous connaissons aujourd’hui", explique Luigi Cattivelli, l’un des chercheurs de l’étude.

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Grâce à cette cartographie génétique précise du blé dur, et notamment les gènes responsables du rendement, de la résistance à la sécheresse ou des maladies, il sera ainsi plus facile d’aborder les obstacles futurs qui se mettront en travers du chemin de la pasta telle que nous la connaissons aujourd’hui. "Si les températures augmentent, il y aura moins d’eau et plus de maladies. Il n’est plus concevable de cultiver des plantes sélectionnées il y a un siècle", conclut-il.

Par Robin Panfili, publié le 11/04/2019

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