L'histoire du boulanger qui nourrit jour et nuit la révolte libanaise

De jour comme de nuit, il sert gratuitement ses mana'ich, la "pizza libanaise", aux manifestants.

De Beyrouth à Tripoli, le Liban vit une une période de contestation de grande ampleur depuis plusieurs jours. Partout essaiment des manifestations et des rassemblements contre les dirigeants politiques du pays accusés d'affairisme et de corruption par une population au bord de la rupture. Au total, c'est plus de deux millions de personnes qui seraient descendues dans la rue pour exprimer leur ras-le-bol, notamment en matière d'accès à l'eau et à l'électricité, soit un tiers du pays. 

(© M6richard via Twitter)

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À Tripoli, au nord du pays, une boulangerie située près de la place Sehit Al-Nour qui concentre une partie des rassemblements populaires a décidé de rejoindre la contestation à sa manière. De jour comme de nuit, celle-ci tourne à plein régime pour servir gratuitement des mana'ich – la "pizza libanaise" et spécialité de la cuisine levantine du petit-déjeuner souvent recouverte d'un peu d'huile d'olive et de zaatar – aux manifestants et leur permettre ainsi de prendre des forces. 

Reconnaissance 

Sur Internet, l'initiative a été très appréciée, rapporte le site d'information anglophone The961, spécialisé dans l'actualité du Liban pour les Libanais expatriés. "Il est absolument fascinant de constater à quel point les Libanais se montrent solidaires de nos jours à travers le pays pour une seule cause et un lien fort d'unité patriotique", écrit le magazine. Et sur Reddit, des internautes n'ont pas manqué de faire honneur au patron de la boulangerie : "Faites de cet homme le nouveau président du Liban !", écrit un internaute.

Ce n'est pas la première fois que la nourriture prend une place (plus ou moins) centrale dans des contestations populaires à travers le monde. Il y a quelques mois, nous vous racontions comment le saucisson cachir était devenu le symbole des manifestations anti-Boutflika en Algérie. 

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À lire aussi : Comment le saucisson cachir est devenu le symbole de la révolte anti-Bouteflika

Par Robin Panfili, publié le 24/10/2019

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