© Westend61/Getty Images

Grâce à l’intelligence artificielle, le basilic pourrait devenir plus savoureux

Deep pesto.

Parmi les techniques agricoles visant à optimiser la culture et la récolte de plantes, la modification génétique ne fait pas l’unanimité. Des chercheurs du Massachusetts Institute of Technology (MIT) et de l’université du Texas pourraient avoir trouvé une alternative qui ne touche pas au génome des plantes : modifier artificiellement leur environnement grâce à l’intelligence artificielle.

Leur étude, publiée dans la revue Plos One, montre que cette technique permet d’obtenir des feuilles de basilic plus goûteuses grâce un environnement artificiel de pousse permettant de concentrer les molécules de la plante. Voici quelques explications.

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"L’agriculture conventionnelle a été optimisée pour le rendement. Et si elle était optimisée pour la qualité et la saveur ?"

Pour leur expérience, les chercheurs ont placé des plants dans un entrepôt à Middleton, dans le Massachusetts. Technology Review explique que la température, la lumière, l’humidité et l’arrosage ont été mis sous le contrôle automatisé d’une intelligence artificielle qui mesurait en permanence les constantes des plantes pour optimiser leur développement en hydroponie. Et il s’avère que, contre l’avis supposé des chercheurs, c’est finalement l’exposition à la lumière durant 24 heures d’affilée qui a permis d’obtenir le basilic le plus goûteux.

Les plants de basilic en pousse dans le laboratoire. (© 2019 Johnson et al.)

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"Nous n’aurions pas pu découvrir cela autrement. À moins que vous ne soyez en Antarctique, il n’y a pas de photopériode de 24 heures à tester dans le monde réel", explique M. Harper, un chercheur ayant participé à l’étude, à MIT News.

L’intelligence artificielle en tant qu’assistance pourrait s’avérer très utile dans l’industrie agricole et pour améliorer la connaissance de la flore. "Nous sommes vraiment intéressés par la création d’outils en réseau pouvant rendre compte du développement d’une plante, de son phénotype, de l’ensemble des contraintes qu’elle rencontre et de sa génétique. Ces données sous forme numérique pourraient nous permettre de mieux comprendre les interactions entre plantes et environnement", relate le scientifique.

Créer de nouveaux soins et anticiper le réchauffement climatique

En plus de nous offrir des aliments plus goûteux, cette technologie pourrait permettre de la même façon d’accroître les propriétés médicinales des plantes en concentrant les nutriments et les antioxydants qu’elles contiennent. Le basilic, par exemple, pourrait servir à combattre le diabète grâce à ses antioxydants qui aident à contrôler le taux de sucre dans le sang.

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Ces tests permettent par ailleurs de mieux comprendre comment anticiper les effets du réchauffement climatique sur les cultures. Le fait d’optimiser le développement de végétaux pourrait également faire baisser les coûts de production à grande échelle, réduire l’usage d’engrais chimiques et augmenter la productivité. De réels enjeux dans un monde qui devrait atteindre 9,8 milliards de bouches à nourrir en 2050 selon l’Onu.

Par Claire Verriele, publié le 08/04/2019

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