© Riccardo Bruni / EyeEm / Getty

Pour la mafia italienne, la mozzarella "est plus rentable que la cocaïne"

Un fromage coupé au lait caillé et congelé de Roumanie qui n'a plus rien d'italien.

De la tomate chinoise falsifiée au miel coupé au sirop de riz, en passant par le poisson rafraîchi aux produits chimiques, la mafia italienne – de la Camorra (Campanie) à la 'Ndrangheta (Calabre) – est omniprésente dans le monde très lucratif de l’agroalimentaire. Ces dernières années, les enquêtes et les articles pointant cette mainmise se sont multipliés, mais n’abordaient qu’une partie émergée de l’iceberg.

Une enquête du Süddeutsche Zeitung, l’un des plus trois quotidiens les plus vendus en Allemagne, traduite par Courrier International, vient aujourd’hui faire la lumière sur l’implication de la mafia italienne dans la production et la distribution de mozzarella – que l’on appelle oro bianco (ou or blanc) à juste titre – en Italie et à travers le monde. Un business "plus rentable que la cocaïne", dit le journal.

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Lait en poudre bolivien

Si en Italie, "la moitié des élevages de bufflonnes de la province de Caserte sont aux mains des camorristi [NDLR : la mafia qui opère dans la région de Naples, d’où la mozzarella est originaire]", la pègre ne se contente pas de s’approprier le marché. Elle cherche surtout à en tirer profit au maximum, notamment en coupant le lait "avec des produits chimiques pour que la mozzarella soit plus blanche, ou bien en fabriquant le fromage avec du lait en poudre bolivien ou du caillé roumain congelé", dit l’enquête.

L’article se fait également l’écho d’un autre problème de taille frappant de plein fouet les producteurs et artisans italiens : la falsification du sourcing des produits présentés et vendus comme italiens. C’est ce que l’on appelle l’Italian Sounding, c’est-à-dire des produits commercialisés à travers le monde avec un nom laissant penser qu’ils seraient plus ou moins italiens. Le tout, agrémenté d’étiquettes reprenant les couleurs du drapeau italien, du Colisée ou de la tour de Pise.

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Par Robin Panfili, publié le 06/05/2019

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