© Gary Grawford

On a retrouvé du quinoa vieux de 3 000 ans

De quoi faire taire tous ceux qui pensaient encore que nos ancêtres ne mangeaient que de la viande.

© Gary Grawford

Il est dans ton buddha bowl et il se glisse dans tes barres de céréales : depuis quelques années déjà, le quinoa est la céréale en vogue. À tel point que sa culture en France explose pour répondre à la demande. Mais si on remonte un peu dans le temps, la graine phare des Incas a commencé à être cultivée 5 000 ans avant notre ère, bien longtemps avant de devenir le super-aliment "healthy" qu’on connaît aujourd’hui. Mais on est encore loin de tout savoir sur son utilisation.

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Un article d’Atlas Obscura nous apprend ainsi que des archéologues ont retrouvé, en 2010, des graines de quinoa vieilles de 3 000 ans dans l’Ontario, au Canada, lors de fouilles préalables à un chantier de construction. Les archéologues ont découvert une fosse contenant 140 000 graines de quinoa carbonisées, accompagnées d’outils en pierre.

Il s’agit d’une découverte étonnante pour la région, puisque l’on pensait que cette variété datant de 900 avant notre ère (mais qui n’existe plus aujourd’hui) venait du centre des États-Unis (Arkansas, Illinois, Kentucky). "C’est la première fois que je ne suis pas loin d’être choqué en 45 ans de recherche", a confié Gary Crawford, archéologue à l’université de Toronto.

Une découverte intrigante

La découverte de ces petites graines pourrait bien avoir un impact majeur sur notre vision des sociétés amérindiennes. La datation au carbone 14, qui permet de déterminer l’âge des graines, met en doute l’idée que la plus ancienne récolte d’Ontario, toutes céréales confondues, ne datait que de l’an 500. Mais la graine a-t-elle poussé sur place ? C’est la question que les chercheurs se posent aujourd’hui. L’hypothèse la plus probable est que les graines auraient été importées.

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Atlas Obscura avance plusieurs arguments allant dans ce sens, notamment l’existence d’un commerce entre différentes régions, même si jusque-là les études laissaient penser que les échanges se résumaient avant tout à des biens non comestibles (pierres, outils, etc.). Reste à savoir maintenant pourquoi les graines retrouvées étaient brûlées. Était-ce pour les préserver ? Peut-être. Ont-elles été carbonisées lors d’un rituel ? Des études sont en cours à l’université de Toronto.

Par Claire Verriele, publié le 24/01/2019

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