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Pire ou meilleure idée ? La reconnaissance faciale pour réduire l'attente dans un bar

Histoire d'éviter que Jackie Relou essaie de gruger la queue en filant des coups de coude discrètement.

La reconnaissance faciale, c’est un peu ce qui se fait de mieux en matière de tech anxiogène. Entre la traque aux manifestants à Hong Kong, les biais raciaux et le contrôle des données des citoyens, on peut difficilement faire plus dystopique.

Et pourtant, un bar de Londres a trouvé le moyen de prendre cette technologie à contre-courant en proposant (enfin) une idée moins morose. The Underdog propose, grâce à la reconnaissance faciale, de former des lignes d’attente numériques pour commander. Comme ça, plus besoin de se prendre les coups de coude discretos de Jackie Relou qui essaie de gruger pour commander sa pinte. Meilleure idée.

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Techniquement, comment ça se passe ? Comme le rapporte le site de la CBC, un large écran de télévision équipé d’une caméra filme la queue devant le comptoir et détermine quels clients ont attendu les premiers en reconnaissant leur visage. Sur le côté de l’écran, le numéro de chaque personne est indiqué avec son visage et le temps d’attente estimé. Le système enregistre aussi l’addition des clients, leur dernière tournée et arrive à déterminer s’ils sont mineurs ou non.

La technologie, développée par la start-up anglaise DataSparQ et nommée "AI Bar", a été testée durant l’été avant d’être lancée de façon pérenne début octobre. The Underdog est le premier bar au monde à se procurer un système de reconnaissance faciale et les patrons du pub assurent que les enregistrements ne quittent pas les lieux et se suppriment automatiquement chaque soir, ne mettant pas en danger la vie privée des personnes filmées et n'entraînant aucune IA à leur insu.

Cela dit, un journaliste du Telegraph s’est rendu sur place le week-end dernier pour tester cette histoire. Et, selon lui, malgré l’efficience du système, ça rend l’endroit très froid. Pas vraiment l’idée du pub anglais bordélique comme on les aime, en somme.

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Par Benjamin Bruel, publié le 14/10/2019

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