© Joanna Kosinska/Unsplash

Carrefour s’engage à vendre des légumes "interdits" issus de semences paysannes

Au micro de RTL, dans sa chronique sur l’environnement, Virginie Garin aborde la question des légumes "interdits" à la vente en grande surface en France, car non homologués.

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Dans C’est notre Planète, Virginie Garin lève le voile sur un problème courant mais peu connu qui touche le milieu agricole français : la législation sur la commercialisation des semences et des plants. En effet, il existe des légumes "interdits", car issus de semences paysannes non homologuées par l’administration française. Plus précisément, comme l’explique aux Échos Philippe Bernard, directeur Partenariat PME et Monde agricole Carrefour France : "La commercialisation des produits issus des semences paysannes n’est pas interdite, mais celle des semences proprement dites l’est, ce qui limite les producteurs à ne faire que de la vente directe."

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L’enseigne de supermarchés Carrefour a donc décidé à partir du mercredi 20 septembre de soutenir les agriculteurs en autorisant la vente dans ses magasins de ces fruits et légumes. Une démarche qui permettrait à la fois de sauver des variétés séculaires et de diversifier l’offre pour le consommateur, notamment les adeptes du bio et des produits de terroir en circuit court. Cet engagement prendra d’abord racine en Bretagne et en Île-de-France. Un acte de soutien aux agriculteurs qui cultivent le plus souvent ces variétés depuis des générations sur leurs terrains.

Les défenseurs de ces graines anciennes demandent depuis des années l’assouplissement de la législation, et que les coûts d’homologation soient moins élevés. En effet, seuls les industriels ont les moyens puisqu’il faut compter entre 1 000 et 10 000 euros pour être homologué au catalogue national. C’est donc une chance pour les petits producteurs de commercialiser leurs légumes chez Carrefour (et c’est autorisé, mais à terme, leur but est de vendre leurs graines à d’autres agriculteurs pour faire perdurer ces variétés.

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En France la loi interdit la commercialisation de plus de 96,4 % des semences. Ce sont donc près de deux millions de variétés de fruits et légumes qui n’ont pas le droit d’être vendues, et qui vont finir par disparaître. Même si c’est un bon pas en direction des producteurs, aujourd’hui, beaucoup d’agriculteurs ne s’y retrouvent toujours pas avec la grande distribution.

Par Pauline Giacomini, publié le 20/09/2017

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