Chez les agriculteurs français, les conversions au bio atteignent des niveaux record

Un phénomène particulièrement notable dans le domaine des céréales et des grandes cultures, mais qui peut surprendre après les récents débats sur l’absence de versement des aides.

Un tracteur dans un champ. (© Gozha Net/Unsplash)

Face à la volonté grandissante du grand public d’aller vers une alimentation plus responsable et de porter davantage d’attention à l’environnement qui nous entoure, le monde agricole est en pleine mutation. Aujourd’hui, "l’agriculture biologique continue à susciter des vocations", écrit Le Monde. Ainsi, les agriculteurs se tournant vers des techniques et méthodes de production écoresponsables n’ont jamais été aussi nombreux.

Le nombre de nouveaux engagés dans l’agriculture bio s’est élevé à 4 300 à la fin du mois de juillet 2018, contre 3 700, l’an passé, sur la même période. "Un record", explique au quotidien Florent Guhl, directeur général de l’Agence Bio. Au total, fin 2017, le nombre d’agriculteurs titulaires du label bio s’élevait à 36 664. Un engouement particulièrement important dans "les grandes cultures et les céréales".

Des aides qui peinent à arriver

Un phénomène encourageant, mais qui peut surprendre, quand on sait les difficultés économiques que rencontrent les acteurs déjà en place. Ces dernières années, les nombreuses conversions à l’agriculture biologique — par conviction ou par simple calcul économique — ont entraîné chez les exploitants des retards dans le versement des aides. Des décalages de trésorerie qui, souvent, mettent en péril les exploitations.

Les conversions à l’agriculture bio ne se font pas sans difficultés, notamment après la décision du gouvernement de supprimer l’aide au maintien pour les exploitants. À tel point qu’aujourd’hui, nombre d’entre eux se demandent comment faire pour remplir les objectifs fixés de la loi alimentation dont l’ambition, rappelle Le Monde, est de faire croître la surface agricole bio de 6,5 à 15 % d’ici à 2022.