(©Bernard Ruelle/Flickr)

Les apiculteurs enregistrent un recul de leur production de miel de 33 % en 2016

Les apiculteurs auront récolté 9 000 tonnes de miel en 2016, un recul de 33,5 % par rapport au volume produit en 2015. Entre dérèglement climatique et usage massif des insecticides néonicotinoïdes, les abeilles sont en danger et les apiculteurs tirent la sonnette d’alarme.

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L’année 2016 aura été catastrophique pour le secteur de l’apiculture avec une baisse des récoltes de 33,5 % par rapport à l’année précédente. Un fléau lié au changement climatique et aux méthodes d’agriculture intensive comme le recours aux insecticides néonicotinoïdes.

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Dans le cadre de la loi sur la biodiversité, ces insecticides dits "tueurs d’abeilles" ont enfin été prohibés en France, mais seulement à partir du 1er septembre 2018, avec des dérogations accordées jusqu’en 2020. Autant dire que ces produits continuent donc de faire des ravages. Depuis le début de l’utilisation de ces produits en 1995, on constate que le taux de mortalité des abeilles est passé de 5 à 30 %, voire parfois 40 %, selon les années, en France.

Au-delà des pesticides, les méthodes de culture intensives sont critiquées par les apiculteurs : "Il est grand temps de réorienter l’agriculture et de cesser d’exploiter une seule espèce végétale à la fois. Cette pratique limite les sources de pollen et détruit certaines espèces florales convoitées par les abeilles", déplore le porte-parole du syndicat de l’Union nationale de l’apiculture française (Unaf) dans les colonnes du Monde.

Deux jours pour mobiliser l’opinion

Les apiculteurs espèrent mobiliser l’opinion publique et les décideurs lors de la huitième édition des Apidays, les journées nationales célébrant l’abeille, organisées dans 90 lieux en France et à Monaco, du 22 au 24 juin. Expositions, ateliers de cuisine, dégustation de miels, visite des ruches…, de nombreuses animations sont organisées par les professionnels pour partager leur savoir-faire et montrer la richesse des abeilles.

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Pour rappel, ces hyménoptères jouent un rôle majeur dans la pollinisation : un seul insecte peut visiter 250 fleurs en une heure et stocker sur une seule de ses pattes postérieures 500 000 grains de pollen. Ainsi, sur les 100 espèces de plantes alimentaires les plus cultivées dans le monde, 71 seraient pollinisées uniquement par les abeilles. Sans elles, nous pourrions tirer un trait sur un tiers de l’alimentation mondiale et des produits du quotidien comme les courgettes, les tomates, les pommes ou même le chocolat. Donc leur disparition n’entraînerait pas uniquement celle du miel. Âgée de 100 millions d’années, l’abeille a préexisté à l’homme, mais peut-être plus pour longtemps.

Par Jeanne Pouget, publié le 23/06/2017

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