Par Pharrell Arot

Rendez-vous dans la capitale des Gaules du 14 au 18 mars.

© Attable

Annoncé seulement quelques semaines avant son coup d’envoi, Attable, festival culinaire concocté entre autres par les équipes derrière les Nuits Sonores, s’annonce comme un événement explosif, par sa programmation atypique, ses prises de position et l’envie de croquer la cuisine lyonnaise tout en lui faisant un croche-pied. On a posé quelques questions à Andrea Petrini, l’un des directeurs artistiques de cette première édition.

Club Sandwich | Alors, Attable, c’est quoi ?

Andrea Petrini | C’est un festival des cultures et cuisines émergentes pour secouer le cocotier lyonnais.

Et surtout, c’est qui ?

Arty Farty et Grand Cuisine à la prod, moi-même et Mathieu Rostaing-Tayard à la direction artistique, et toutes les filles et tous les garçons de bonne volonté qui nous soutiennent dans cette aventure insensée que personne n’avait vu venir.

Donne-nous envie, quels sont les trois points d’orgue du festival ?

La prise de parole féminine à l’ère d’Harvey Weinstein et de #BalanceTonPorc des GRRRRLS with pigs !, l’occupation pacifique mais déterminée du Bistrot du Potager Gerland par The Young Austrian collective for a progressive society, soit le top de la jeune avant-garde culinaire autrichienne, avec, en avant-première mondiale, la présentation du Fair Gras, le premier foie gras 100 % végan et sans souffrance animale [il existe déjà le Faux Gras, ndlr]. Puis, bien sûr, l’hommage à Monsieur Paul pour clore et rassembler en beauté le dimanche 18 mars.

Et les trois éléments plus discrets qui valent le détour ?

Se glisser sous la couette avec Anna Morelli, Alexandra Michot et Julie Gerbet pour la série de lectures "In bed with…". Plus intime, tu meurs.

Vous qualifiez cette première édition de "prototype", c’est pour grossir dès l’an prochain ?

Indeed, on a le ventre aussi gros que les yeux…

Lyon, ce n’est pas une ville anodine pour un festival food, la gastronomie lyonnaise va beaucoup marquer l’évènement ?

Lyon doit imposer son contre-pouvoir face aux conformismes de l’establishment culinaire parisien, aux diktats des guides méritocratiques, aux food festivals encore basés sur un modèle audiovisuel (dans le sens où l’entendait Serge Daney) importé il y a vingt ans d’Espagne et périmé depuis. La lobotomie des esprits pollués par la télé avec sa vision étriquée, militaire, compétitive, sexiste, phallocratique et autoritaire de la cuisine. Lyon était peut-être hier un huis clos, mais c’est une ville ouverte aujourd’hui, et sera peut-être un véritable centre de résistance et de création collective demain. No pasarán !

Le programme complet et toutes les infos sont sur le site d’Attable.