Bientôt la fin de la frénésie coco ?

Les caraïbes seront bientôt à court de noix de coco, serait-il temps de décrocher ?

Bien sûr, il n’y a rien de meilleur au monde que de déguster le jus et la chair d’une noix de coco fraîchement ouverte sur la plage. Avec un peu de concentration, son goût particulier peut même donner l’illusion d’être sur une île paradisiaque à n’importe quel quidam coincé dans son appartement en plein mois de novembre.

Mais depuis quelques années, la noix de coco ne se contente plus d’être la madeleine de Proust de l’exotisme. Vantée pour ses qualités nutritionnelles, elle a séduit les foodista et les vegans, et se déclinent à toutes les sauces. Son lait, son eau, son huile, sa chair… Elle est partout. Starbucks propose désormais un latte coco, Rihanna vante les bienfaits de son eau, et le prix de l’huile a grimpé de 50% en un an.

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Une enquête réalisée par le magazine Bloomberg révèle que la production des Caraïbes ne suit pas le rythme de cette demande effrénée. Selon l’organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, elle aurait baissée de 17% depuis 1994. Entre les tempêtes, la sécheresse et les maladies, un grand nombre de fermes ont disparues. Les fermiers restants ont commencé à utiliser des fertilisants et à récolter trop tôt.

On peut dire qu’à ce rythme, les caraïbes seront bientôt à court de noix de coco, affirme Compton Paul, le coordinateur régional du programme sur la noix de coco de l’institut de recherche et de développement de l’agriculture caribéenne.

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Autre conséquence de la frénésie autour de la noix de coco : les locaux ne peuvent plus se l’offrir. Melvin Bautista, le propriétaire de Coco Express del Caribe, la plus grande marque d’eau de coco de République Dominicaine, a confié à Bloomberg qu’il n’arrive plus à se fournir. Les fermiers préfèrent vendre aux exportateurs à l’international, et ont ainsi pu augmenter leur prix de 20%. Mais pas pour longtemps, car les cocotiers sont mal en point et très vieux.

(Photo: Peter Davis/AusAID)

(Photo: Peter Davis/AusAID)

Pour tous ceux qui se demandent à quel saint ils vont désormais se vouer, le Guardian publiait le mois dernier un article qui révèle que les qualités du fruit sont surestimées. Pour le docteur Scott Harding, professeur de sciences nutritionnelles à Kong’s College à Londres, l'huile de coco n'est pas un super aliment :

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"La graisse de coco n’a rien de particulier et devrait être traitée comme n’importe quelle autre graisse saturée par quelqu’un qui fait attention."

Même chose pour l’eau de coco dont les qualités ne sont pas irremplaçables selon Sophie Claessens, diététicienne et porte-parole de l’association britannique de la diététique :

"L’eau de coco contient bien des électrolytes comme le potassium et le magnésium qui sont bons pour vous si vous avez beaucoup sué. Mais vous pouvez recevoir les mêmes apports avec de la banane ou un toast au beurre de cacahuètes accompagné d’un verre d’eau, de lait ou de jus de fruit. L’eau de coco est chère pour ce qu’elle est, je ne la recommande pas."

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C’est peut-être le moment de se remettre au lait de soja.

Traduit de l’anglais par Sophie Janinet

 

Par Sophie Tobin, publié le 14/09/2016

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