Par Robin Panfili

Les graines de coton du futur seront dépourvues de toxines et auront un goût de houmous, alors pourquoi pas ?

Un champ de coton. (© Vijayanarasimha/Pixabay)

Le ministère de l’Agriculture américain a donné, le 17 octobre, son premier feu vert concernant la production d’un coton comestible sur son territoire. Une décision visant à rendre le coton disponible pour un usage alimentaire et non plus seulement textile, comme c’était le cas jusque-là.

Mais avant de vous imaginer déguster des nuages de coton aux allures de chamallows, gardez bien en tête qu’il s’agit là plutôt de graines de coton, précise The Takeout. Ces dernières étaient jusqu’à présent surtout utilisées pour l’alimentation du bétail, ou pour la confection d’huile de coton.

C’est le résultat d’un travail de longue haleine, mené par Keerti Rathore, docteur et chercheur auprès de l’université du Texas, et de ses équipes. Longtemps, les graines, pourtant riches en protéines, sont restées impropres à la consommation humaine du fait de leur teneur en gossypol, une toxine dangereuse pour le foie et le cœur pour la plupart des mammifères, expliquait déjà Le Figaro en 2006.

Un goût de houmous

Mais Keerti Rathore et ses chercheurs sont finalement parvenus à trouver la parade en développant un coton qui maintient des niveaux standards de gossypol dans la tige ou les feuilles de la plante – indispensable pour qu’elle puisse se protéger des parasites –, mais qui n’en contient quasiment plus dans ses graines. Les résultats de ses travaux ont récemment été publiés dans la revue AgriLife.

Des graines de coton pour le bétail. (© Thamizhpparithi Maari/Wikimedia Commons)

Quant au goût (c’est l’autre bonne nouvelle), Keerti Rathore a confié à Fortune que cela ressemblait au houmous. "Ce n’est pas du tout déplaisant." Toutefois, l’intention derrière ces recherches et ces avancées scientifiques va bien plus loin qu’une alternative à la purée de pois chiches. Car ces graines de coton pourraient nourrir des millions de personnes et d’animaux (poissons, volailles, porcs…) dans un futur proche.

"Un tel produit pourrait jouer un rôle déterminant du point de vue de la durabilité. Les agriculteurs pourraient à la fois produire des fibres [pour le textile, ndlr], des aliments pour animaux et de la nourriture propre à la consommation humaine dans une même exploitation."

Pour se faire une idée du volume que représente cette opportunité agricole, Keerti Rathore fait remarquer qu’un demi-kilo de fibres de coton équivaut à environ 1,5 kg de graines. Autant de graines qui pourront être réduites en poudre, ou bien grillées et assaisonnées pour être consommées comme des snacks, conclut The Takeout. Et à l’avenir, si ce procédé parvient à se généraliser, il pourrait également être utilisé pour la détoxification d’autres plantes tropicales et légumineuses.