En Californie, les restaurants s’engagent pour l’emploi des personnes transgenres

Une activiste et restauratrice transsexuelle se bat pour l’emploi des trans dans la restauration aux États-Unis. 

L'activiste Michaela Mendelsohn et ses employées (Capture d'écran Youtube/Los Angeles LGBT Center)

Au centre, Michaela Mendelsohn et ses employées (Capture d'écran YouTube/Los Angeles LGBT Center)

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"Prenez place. Nous sommes ici aujourd’hui pour parler de la nouvelle normalité." Ce sont les mots de Michaela Mendelsohn, activiste LGTBT transsexuelle, propriétaire de restaurants et accessoirement consultante pour le rôle de Laverne Cox dans Orange is The New Black. Elle a convaincu les restaurateurs californiens de s’engager, en expliquant ce que c’était que d'être trans aujourd’hui aux États-Unis. Très souvent, c’est être au chômage : en effet, ce phénomène touche deux fois plus les personnes transgenres que les autres, selon le site américain NPR.

La discrimination, les menaces et les stéréotypes rendent particulièrement difficile l’accès à l’emploi, surtout dans un métier qui implique une relation avec les clients. Pour remédier à ça, l’activiste propriétaire de six établissements a lancé le projet California Transgender Workplace Project pour trouver des emplois aux trans dans les restaurants, avec l’engagement de l’association des restaurateurs californiens.

Les personnes trans, deux fois plus touchées par le chômage

Michaela Mendelsohn se considère comme "une propriétaire trans qui aide les gens trans". Dans ses fast-food El Pollo Loco, elle emploie 8 à 10 % de personnes transgenres et veut que les autres restaurants suivent son exemple. Une partie des 22 000 membres de l’association a d’abord été sceptique, affirmant que certains clients seraient gênés d’être servis par une personne trans. Michaela, elle, raconte que tout se passe à merveille dans ses restaurants. En plus, l'État californien paie les premières 60 heures de l’employé.

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Kristy Ramirez (Capture d'écran Youtube/Los Angeles LGBT Center)

Kristy Ramirez (Capture d'écran YouTube/Los Angeles LGBT Center)

"J’ai perdu mon travail parce que j’utilisais les toilettes pour femmes. Je ne me sentais pas à l’aise dans les toilettes des hommes. Ils m’ont virée, sans aucun autre motif en disant : "Nous devons veiller sur les clients", explique Kristy Ramirez, qui travaille depuis quatre ans à El Pollo Loco.

Avoir un emploi est un changement de vie pour les personnes trans, mais c'est aussi un moyen de forcer la société à leur faire une place.

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"Ce qu'on fait ici est important, car ça crée une conversation avec les gens qui ne connaissent pas notre communauté. Et ça inspire d’autres filles : elles aussi peuvent changer les choses, elles aussi peuvent trouver un travail qui leur donne le sentiment d'être protégées, libres et surtout à l'aise avec leur identité", se réjouit Marie Hernandez, qui travaille à la caisse d'El Pollo Loco. 

Et s'il y a un problème avec le client, la patronne est là pour le recadrer : "Vous savez, on entend toujours que le client est roi. Dans mes restaurants, le client est toujours roi, sauf s’il vous attaque personnellement."

Par Sirine Azouaoui, publié le 26/10/2016

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