En Italie, la loi "anti-vegan" pourrait aussi cibler d'autres régimes alimentaires

Le projet de loi italien visant à pénaliser les parents imposant le véganisme à leurs enfants peut potentiellement concerner tous les régimes alimentaires.

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© Hajo Schatz/Flickr

Le 7 août dernier, la députée italienne de Forza Italia (centre-droit) Elvira Savino a déposé un projet de loi qui, depuis, n'a cessé d'agiter la sphère publique italienne. Sa proposition: punir d'un an de prison les parents "radicalisés" imposant à leurs enfants de moins de 16 ans "un régime alimentaire les privant d'éléments essentiels à une croissance saine et équilibrée".

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Derrière une dénomination assez générale, la députée vise néanmoins clairement le régime vegan, dont les partisans s'interdisent de consommer tout ce qui provient d'un animal – en plus de la viande et du poisson, on compte donc les produits laitiers, les œufs, mais aussi tous les produits contenant des farines animales ou de la gélatine de porc ou de bœuf. Lorsque l'enfant soumis à ce type de régime est âgé de moins de 3 ans, le projet de loi Savino prévoit d'étendre la sanction à deux ans d'emprisonnement.

Si la proposition de loi peut surprendre, voire paraître discriminatoire à l'encontre de la communauté vegan, le Huffington Post rappelle néanmoins quelques salutaires éléments de contexte pour mieux comprendre l'initiative : en Italie, quatre enfants exposés au régime vegan ont dû être hospitalisés ces 18 derniers mois pour malnutrition. Si le projet de loi divise de l'autre côté des Alpes, la France n'est pas en reste quant aux vertus réelles ou supposées du régime vegan, au sujet duquel la communauté des médecins est divisée.

Après avoir eu vent de la nouvelle, Le Figaro convoquait donc immédiatement une nutritionniste, qui assurait que "chaque régime alimentaire devrait être envisagé de manière individuelle" et qu'il est en gros impossible de faire des généralités à ce sujet. D'autre part, rappelait Slate, si le projet de loi a été conçu en réponse aux récents incidents de santé infantile, sa formulation volontairement large pourrait s'appliquer à tous les régimes, et donc pénaliser les parents d'enfants devenus obèses à force de laisser-aller alimentaire.

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Par Thibault Prévost, publié le 16/08/2016

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