Par Emmanuelle Fournier-Lorentz

Le Conseil fédéral vient d’annoncer l’interdiction de plonger des homards vivants dans de l’eau bouillante.

(© Gordon Lew/Flickr/CC)

C’est une petite victoire pour les défenseurs de la cause animale en Suisse. Dès le 1er mars, "la pratique consistant à plonger les homards vivants dans l’eau bouillante, commune dans les restaurants, [ne sera] plus admise", a annoncé le Conseil fédéral, à l’occasion d’une mise à jour d’une loi relative à la condition animale.

Désormais, les cuisiniers professionnels, comme ceux du dimanche, devront "étourdir" l’animal avant de l’ébouillanter, par choc électrique ou "destruction mécanique du cerveau". Les homards devront être importés dans "leur milieu naturel", et non plus sur de la glace ou dans de l’eau glacée comme cela se fait d’habitude.

Ces mesures concernent non seulement les homards, mais aussi l’ensemble des "décapodes marcheurs vivants". La décision du Conseil fédéral se fonde sur des études scientifiques, qui démontrent que ceux-ci possèdent un système nerveux à même de leur faire ressentir de la douleur.

De manière générale, les animaux de toutes les espèces ne devront plus être soumis à une "contrainte de gravité moyenne ou sévère". Par exemple, lors des concours canins (ou dans toute autre forme de manifestation avec des animaux), une personne prenant soin des animaux devra être présente, en plus des propriétaires et des organisateurs. Les colliers "anti-aboiements" pour chiens seront ainsi désormais interdits.

Ces mesures font grand bruit dans les médias étrangers, notamment dans la presse francophone. Il semblerait, rapporte Le Monde, qu’elles ne soient pourtant qu’un "compromis". Les défenseurs des animaux souhaitaient l’interdiction pure et simple des importations de homards vivants en Suisse, mais l’accord vétérinaire bilatéral entre la Suisse et l’Union européenne exclut une telle mesure. Contentons-nous pour l’instant de cette nouvelle ordonnance fédérale qui, aux yeux du monde, a tout l’air d’une petite révolution.