Instaurer un repas végétarien par semaine dans les cantines françaises, le projet de Terra Nova

Le think tank progressiste et indépendant Terra Nova propose de revoir à la hausse les options de repas végétariens dans les cantines scolaires.

© Eaters Collective/Unsplash

Le cercle de réflexion Terra Nova a étudié les enjeux et les opportunités d’une alimentation moins carnée. Elle s’est notamment intéressée à la question des options végétariennes dans les cantines françaises.

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La restauration scolaire a une très grande influence sur ceux qui la fréquentent. "Un rôle d’éducation à l’alimentation et aux enjeux de santé qui lui sont liés", affirme Terra Nova dans son rapport intitulé "La viande au menu de la transition alimentaire". En effet, de la maternelle au lycée, environ deux enfants sur trois prennent leur repas à la cantine le midi, soit plus de 7 millions d’élèves. Selon la deuxième étude individuelle nationale sur les consommations alimentaires, les enfants qui vont à la cantine mangeraient plus sainement et varié que ceux qui déjeunent chez eux.

Une "discrimination" des repas végétariens

Cependant, il est très rare d’y trouver des options végétariennes. Le Groupement d’étude des marchés en restauration collective et scolaire (GEM-RCN) préconise un apport en protéine animale dans chaque plat servi. Il considère aussi qu’un "plat végétarien" peut être servi trois fois sur vingt menus successifs maximum.

Le GEM-RCN, face à des accusations de "discrimination injustifiée" contre l’option végétarienne, propose de réviser ses propositions. Le débat est donc rouvert. Pour diminuer la viande dans les repas scolaires, il faut trouver le juste équilibre entre les protéines végétales et animales. Il faut également tenir compte des exigences nutritionnelles que l’alimentation doit apporter pour le bon développement et la croissance des enfants. Terra Nova propose d’accompagner cette transition en apportant aux enfants une éducation alimentaire sur un régime moins carné.

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Des mesures déjà en vigueur dans certaines villes

La ville de Bègles, dans l’agglomération bordelaise, fait partie des quelques communes à avoir déjà mené des expériences pour mettre en place des options végétariennes dans leurs cantines. Elle propose depuis la rentrée 2015 des "repas alternatifs" qui ne contiennent pas de protéines animales dites terrestres, mais peuvent comporter du poisson. Un choix de la mairie pour privilégier une alimentation s’accordant mieux aux intérêts sanitaires et environnementaux. Mais aussi pour répondre à une demande grandissante des familles. Depuis la rentrée 2017, ces repas sont imposés à tous les élèves une fois par semaine.

D’autres communes se proposent de faire des efforts pour limiter la consommation de viande dans les restaurants scolaires. La ville de Paris s’est engagée à réduire de 20 % d’ici 2020 la part des produits carnés servis dans les restaurants collectifs parisiens et d’instaurer un menu végétarien par semaine dans les restaurants scolaires.

Une organisation à trouver

Pour que ces mesures puissent voir le jour, il faudra créer une réelle concertation sur ces sujets au sein de la communauté éducative (chefs d’établissement, personnels de service, collectivités territoriales, parents d’élèves…). Mais aussi adapter la formation des cuisiniers et accompagner les élèves dans cette transition. La proposition de Terra Nova est claire : "Évoluer vers la généralisation de l’option 'repas alternatif végétarien' et l’imposition d’un jour végétarien par semaine dans la restauration scolaire des collèges et lycées". À suivre.

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Par Clara Le Naour, publié le 23/11/2017

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