Par Robin Panfili

Dans cette région viticole, les vols de raisins sont de plus en plus courants. Et les producteurs pensent savoir qui en sont les auteurs.

Un vignoble. (© Matthieu Joannon via Unsplash)

Dans le monde viticole, les braquages de caves et les vols à répétition de bouteilles de vin ne sont pas vraiment une nouveauté. Mais les chapardages de vignoble, au nez et à la barbe des producteurs, ne sont, eux, pas si fréquents. Et pourtant, en Allemagne, dans la ville de Deidesheim, c’est bien 3 500 kg de raisins qui se sont volatilisés au début du mois d’octobre. Le montant du butin : près de 8 000 euros.

Pour la police locale, le vol se serait déroulé en pleine journée et, probablement, en présence de plusieurs témoins. "Il est fort possible qu’il y ait eu plusieurs témoins, le vignoble se trouvant à côté d’un parking de supermarché", écrit Atlas Obscura. Une localisation simple, peu contraignante, et sur un terrain moins escarpé que certains vignobles perchés sur des collines, qui a facilité l’accès aux vignes pour les voleurs.

Quant au mode opératoire, ce vol de raisins à grande échelle a, semble-t-il, été réalisé à l’aide d’une "machine à vendanger professionnelle", fréquemment utilisées par les viticulteurs pour la cueillette des raisins. Ainsi, les spectateurs de la scène n’avaient aucune raison de soupçonner un vol, du moins à première vue.

"Le motif, c’est la jalousie"

En Rhénanie-Palatinat, les quelque 13 000 vignobles qui peuplent la région, réputée pour son vin mousseux et son riesling, sont une denrée très précieuse. À eux seuls, ils représentent près de 90 % des exportations en vin du pays. Et ça, les voleurs l’ont bien compris. L’an dernier, une parcelle voisine avait déjà été amputée de 1 tonne de raisins.

Dans la région, si les auteurs de ces vols – à la fois très équipés et bien préparés – sont rarement inquiétés, les viticulteurs lésés ont leur petite idée sur l’identité de ces derniers. Depuis plusieurs années, ils soupçonnent des producteurs rivaux. Pourquoi ? À leurs yeux, le fait de voler les raisins les plus nobles, toujours à la bonne période, et le recours à des machines professionnelles ne laissent que peu de place au doute.

"Le motif, c’est la jalousie", assurait Stephan Altmann au journal Die Welt, deux ans en arrière, après le pillage de son vignoble. Impuissants face à ce phénomène, les viticulteurs pourraient toutefois s’inspirer de leurs voisins français écrit la BBC. Afin de se prémunir des vols et des récoltes illégales, la commune de Soultz-Haut-Rhin a mis en place des patrouilles à cheval pour chasser les éventuels chapardeurs.