Par Lenny Sorbé

La banane Cavendish, qui constitue la majorité de la production mondiale, est menacée par deux virus auxquels elle ne peut génétiquement pas résister.

© Lotte Löhr/Unsplash

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Savourez-les tant qu’il en est encore temps : les bananes pourraient bien disparaître des rayons de votre primeur de proximité. Selon un article du média australien The Conversation, la Cavendish, variété qui représente 99 % des bananes exportées dans les pays développés, serait menacée d’extinction. La faute à deux virus qui infectent le fruit et endommagent considérablement ses récoltes.

Les agriculteurs font dans le préventif

Le premier, appelé Black sigatoka (la cercosporiose noire en français), attaque directement les racines des bananiers et fait mourir leurs cellules, ce qui diminue la production aussi bien en qualité qu’en quantité. Si l’on estime qu’il pourrait causer un déclin de la récolte à hauteur de 50 %, les agriculteurs parviennent jusqu’à présent à contrôler son évolution.

Cependant, une seconde bactérie, la Tropical race 4 (TR4), a depuis fait irruption et apparaît comme potentiellement plus dangereuse. Identifiée à Taïwan au début des années 1990, la TR4 s’est propagée dans plusieurs pays d’Afrique, d’Asie et du Moyen-Orient. Les producteurs craignent désormais de la voir s’introduire en Amérique latine et dans les Caraïbes, où l’essentiel de l’industrie de la banane est implantée.

Sur le plan génétique, la Cavendish ne présente pas de résistance au TR4 : une exposition au virus pourrait donc lui être fatale. De nombreuses mesures préventives ont ainsi été prises pour assurer la survie de l’espèce, comme l’usage de matériels de plantation propres et la limitation des transferts de parcelles de terrains.

L’histoire se répète

Ce n’est pourtant pas la première fois que le fruit est menacé par une bactérie. Dans les années 1960, la banane Gros Michel avait déjà été décimée par le virus Panama. Elle aussi représentait la grande majorité de la production de l’époque. La Cavendish lui avait alors succédé sur le marché. Un millier de variétés de bananes sont dénombrées dans la nature, et pourtant les agriculteurs privilégient depuis longtemps une monoculture qui rend le fruit d’autant plus vulnérable aux infections. Cette fois-ci, il se pourrait bien que l’on en paye le prix.