Un producteur de fraises français porte plainte contre l’Espagne

Le combat d'un maraîcher bio contre l'agriculture intensive et chimique espagnole. 

farsai-c-106333

© Farsai C./Unsplash

Publicité

Jean-Claude Terlet est maraîcher biologique à Soissons, dans les Hauts-de-France. Il s’est lancé dans un sacré combat contre les fraises espagnoles. L’agriculteur veut faire la guerre à la concurrence déloyale ibérique. Lors d’un déplacement dans les fraiseraies andalouses, Jean-Claude Terlet s’est rendu compte que les producteurs utilisaient trois produits chimiques dangereux et interdits par la Commission européenne, raconte RTL.

Le sud de l’Espagne est quadrillé par des serres et plantations où poussent fruits et légumes qui se retrouvent sur nos étals à des prix imbattables. Et la fraise en est un bon exemple. L’Espagne produit huit fois plus du fruit rouge que la France. À Rungis, un kilo espagnol coûte 60 centimes contre 8 euros pour les fraises bio du producteur de Soissons. Et pour cause, les agriculteurs andalous boosteraient leur productivité grâce à trois insecticides et pesticides considérés si toxiques et cancérigènes qu’ils ont été interdits par Bruxelles.

Fraises ibériques chimiques contre fraises bio françaises

Ces produits sont fabriqués en Chine donc le prix est bas : trois euros le litre, détaille Le Figaro. Aucune raison de se priver d’inonder toutes les plantations. Ainsi, France Info rappelle le résultat d'une étude de l’association Générations Futures : 100 % des fraises ibériques sont contaminées par des dizaines de pesticides dont 8 perturbateurs endocriniens. Sans compter les conditions extrêmement précaires et difficiles dans lesquelles les travailleurs les cultivent et les ramassent. 

Publicité

"Si l'on ne fait rien, il n'y aura bientôt plus de producteurs de fraises en France", se désole l’agriculteur français auprès du Figaro. Sans aide de personne pour l’instant, Jean-Claude Terlet s’est donc lancé dans un combat judiciaire contre l’Espagne, qui étrangement ignore le droit européen et laisse l’agriculture intensive asperger dangereusement.

Bruxelles ne s’était jamais penchée sur cette question de concurrence déloyale. Actuellement, les fraises ramenées d’Espagne sont en train d’être analysées avant que la Commission ne décide ou non de donner suite à la plainte.

Par Sirine Azouaoui, publié le 22/03/2017

Copié

Pour vous :