Par Robin Panfili

Une condamnation qui constitue une grande première mondiale et qui pourrait bien changer la donne.

© Caleb Minear/Unsplash

Voici peut-être le début d’une nouvelle ère dans l’univers de la recommandation de restaurants. Longtemps considérés comme des terrains minés, les sites d’avis en ligne (TripAdvisor, Yelp…) tentent tant bien que mal, depuis plusieurs années, de contrer les fausses évaluations et commentaires. Mais cette fois, leurs efforts ne sont pas restés vains.

Dans les Pouilles, en Italie, un homme vient d’être condamné à neuf mois de prison et à 8 000 euros de dommages et intérêts pour avoir commercialisé de faux avis en ligne. À l’origine des poursuites ? TripAdvisor. Depuis 2015, le site enquêtait sur les pratiques de cet homme, propriétaire de la société PromoSalento, qui proposait de fausses notes et commentaires à plusieurs restaurateurs italiens afin d’améliorer leur classement sur les différentes plateformes d’avis en ligne.

Après l’annonce de cette décision de justice, le vice-président de TripAdvisor, Brad Young, s’est félicité d’avoir pu "mettre un terme à l’activité de plus de 60 sociétés qui commercialisaient des avis dans le monde". Avant toutefois de rappeler qu’ils ne peuvent pas "tout faire seuls."

La traque s’intensifie

Ces dernières années, les articles et enquêtes sur le phénomène des faux avis en ligne se sont succédé, mettant en lumière un système de fraude de grande ampleur, mais plus ou moins organisé. Si l’affaire fera très certainement jurisprudence, rien n’est encore vraiment gagné. Il ne faut, en effet, pas oublier qu’une très grande partie des faux avis sont encore mis en ligne par des particuliers ou des acteurs indépendants et autonomes, note Atabula.

En France, on estime à 35 % la proportion d’avis et de commentaires non conformes, selon la DGCCRF. Un internaute avait, à ce titre, été condamné à 2 500 euros de dommages et intérêts et 5 000 euros de frais de justice pour avoir mis en ligne un avis négatif à l’encontre d’un restaurant… qui n’avait pas encore ouvert ses portes. La justice avait alors retenu une intention de nuire.

Pour endiguer ce phénomène frauduleux et ses conséquences sur les commerces, la France s’est dotée d’une loi, en 2016, entrée en application depuis janvier dernier, "renforçant l’arsenal législatif en matière de faux avis", rappelle BFMTV. Mais pour l’heure, personne n’a encore été condamné pénalement pour une commercialisation de faux avis.