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Le "meilleur plat italien de l’année" est... un cône de pizza à l’ananas

C'est l'un des magazines culinaires de référence en Italie qui a tranché... et les arguments se tiennent.

Alors qu’on pensait le sujet de la pizza à l’ananas clôt pour de bon, Identità Golose, magazine gastronomique italien de référence à l’origine d’un forum culinaire mondialement réputé, vient de chambouler tout ce fragile équilibre. Le 25 mars, le comité et jury a choisi de sacrer comme "plat de l’année 2019" un cône de pâte à pizza frite au jambon de Parme, au Grana Padano, à la poudre de réglisse et… à l’ananas, rapporte le magazine Food & Sens.

À l’origine de cette création (ou abomination, à vous de trancher), on retrouve pourtant le Napolitain Franco Pepe, l’un des pizzaïolos les plus respectés du pays et du monde entier – qui avait déjà remporté ce même prix en 2017 avec sa "Magherita sbagliata", une pizza margherita volontairement ratée.

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"J’étais à Hong Kong lorsqu’un journaliste m’a demandé si je pouvais imaginer une pizza à l’ananas. J’étais scandalisé. J’étais certain que si je proposais une pizza à l’ananas à mes clients, ils me traiteraient de fou et la refuseraient", a-t-il expliqué sur scène.

Saveurs vs. traditions

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L’idée de revisiter cette version américanisée de la pizza lui a toutefois longtemps trotté dans la tête. Alors, il s’y est essayé à son retour en Italie. "J’ai eu l’idée de cacher le fruit dans un cône de pâte à pizza frite, entre de fines tranches de jambon. J’ai décidé de proposer le plat en ne donnant aucune explication à mes convives, dit-il. Et la dégustation a provoqué une agréable surprise." De cette expérience audacieuse est née l'"AnaNascosta", un jeu de mots pour "ananas caché".

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Comment donc l’un des magazines culinaires italiens les plus sérieux et respectés du pays a-t-il pu récompenser une telle provocation gastronomique ? C’est assez simple… et finalement assez rationnel. Au-delà des saveurs et de la parfaite exécution de la recette, le jury a voulu avant toute chose récompenser la philosophie et la démarche du chef napolitain qui, avec ce plat polémique, a su démontrer que "la seule chose qui compte dans la gastronomie, c’est le mariage des saveurs, sans préjugés ni diabolisation", écrit la journaliste Lorena Lombardi. Un choix discutable, certes, mais qui a le mérite d’être argumenté.

Par Robin Panfili, publié le 10/04/2019

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