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J’ai passé un mois de septembre sans gluten

J’ai passé un mois sans les trois trucs les plus délicieux du monde : le pain, les pâtes et la pizza.

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On avait arrêté pendant quelques mois les défis en tout genre. Souvenez-vous, en début d’année, on avait relevé des défis sans viande, sans alcool, sans café, sans sucre, ou même sans supermarché. En cette belle rentrée, on s’est lancé dans une nouvelle aventure : passer un mois sans gluten.

Pourquoi se priver de gluten ? D’abord pour faire une nouvelle expérience, puis pour s’essayer à cuisiner différemment pendant un mois. Je ne suis absolument pas intolérant à la protéine présente dans le blé et certaines autres céréales : je prépare mon pain moi-même et je mange des pâtes plusieurs fois par semaine. Pour moi, il a surtout été question de construire autrement mes assiettes, de découvrir de nouveaux produits et de me rendre compte des contraintes d’une vie sans gluten au quotidien. Si on m’avait promis un regain d’énergie, ce sont plutôt quelques moments de frustrations qui ont rythmé mon mois.

Gluten partout, fun nulle part

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Avant de me lancer dans l’aventure, il a bien fallu que je comprenne quelque chose : le gluten est partout. Dans les sauces ou la crème glacée, parfois utilisé pour ses propriétés stabilisantes et d’autres fois seulement sous forme de traces. Non pas que je sois accroc à la glace, mais, sans vous spoiler la fin de cet article, une crème glacée ou une livraison de junk food pour oublier un dimanche soir pluvieux ont laissé place à des combos légumineuses et légumes rôtis.

Passion meal prep

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La première contrainte à laquelle j’ai dû m’adapter, c’est la difficulté à trouver des options sans gluten pour déjeuner le midi au bureau. Je vis en province et je travaille à Paris, mais les options sont parfois limitées, et surtout il n’est pas question de tomber dans la posture du relou de service qui demande un traitement de faveur au restaurant. Si vous êtes réellement intolérant ou atteint de la maladie cœliaque, il est évident que vous ne serez pas impoli, mais dans ma situation, demander un plat hors carte dans des restos où je suis un habitué est un peu compliqué.

La solution : le meal prep, en amont, de mes déjeuners de début de semaine en passant du temps en cuisine le dimanche (retrouvez nos tutos meal prep sans gluten ici, ici, ici, ici et ici). Outre le fait d’avoir un déjeuner cool garanti, la méthode me donne de nouvelles habitudes, comme peser mes ingrédients plutôt que de tout faire au pif et me retrouver avec du riz pour 12 personnes. En plus de sonner la fin du gaspillage, ces doses permettent de mieux gérer mon appétit, et de manger selon mes besoins de façon plus précise, et c’est clairement une habitude que je garderai après ce mois d’expérience.

Une semaine en dent de scie

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J’ai aussi commencé à faire mes courses différemment. Toujours fidèle à mon panier de marché pour les produits frais le mercredi, j’ai passé un peu plus de temps dans les rayons de mon supermarché. L’idée de ce "défi" n’étant pas de dénicher des substituts sans gluten au pain et aux pâtes, mais plutôt d’essayer de trouver des alternatives innovantes.

Tentatives plus ou moins concluantes, avec d’un côté les lentilles du Puy et pâtes de riz qui resteront des amies de mes placards, et de l’autre la frustration liée au pain, que j’ai un soir fini par remplacer par des tranches de courgette crue pour profiter d’un plateau de fromage avec des amis – un vrai coup dur de ce mois, merci de ne plus jamais m’en reparler. Chaque semaine, j’ai évolué entre les gouttes du gluten, avec deux vrais points noirs : les apéros et le petit-déjeuner du dimanche.

Le dimanche, pire journée de la semaine dans mon assiette. C’est d’habitude celle qui commence par aller chercher une baguette encore chaude chez mon boulanger, pour un petit-déj plus copieux que le reste de la semaine, et qui se termine sur une appli de livraison pour un burger ou autre déclinaison junk avant de repartir sur une semaine plus healthy. Les premiers dimanches, je me prépare un smoothie bowl ou un granola (sans gluten !), mais avec les premiers jours d’automne, ma baguette de pain si réconfortante m’a manqué comme jamais, elle qui a fait partie de mon éducation depuis ma plus tendre enfance.

Resto, apéro et riz cantonais

Une fois mes déjeuners préparés à l’avance, mes placards remplis pour organiser mes dîners et un peu plus de temps prévu dans mon emploi du temps pour les préparer, mon quotidien a pris son rythme de croisière. L’occasion pour moi de découvrir quelques produits vraiment cool, comme les pâtes de maïs et de riz, qui, et ça me tue de le dire, n’ont pas grand-chose à envier aux vrais, si ce n’est que leur prix flirte avec les 4 euros le paquet.

C’est sur la nourriture "sociale" que j’ai eu le plus de soucis, qu’il s’agisse de choisir un resto entre pote, ou d’apéros. La faille habituelle : c’est la fin de l’été, vous retrouvez vos potes le vendredi soir, et vous commencez par boire quelques verres de vin (pas de bière du coup !). Le temps passe, vous n’avez pas réservé de resto et tout le monde commence à avoir faim.

Deux options s’offrent à vous : la planche de fromage et charcuterie, ou le sempiternel kebab un peu honteux pour éponger. La première est bien triste sans pain (cf. les courgettes), surtout s’il s’agit de rillettes et de roquefort. La seconde n’est carrément pas jouable. La solution, une fois de plus, est de s’organiser à l’avance, ou –et il m’a sauvé deux fois ce mois – le riz cantonais de mon traiteur asiatique, ouvert tard et parfait pour colmater un début de soirée arrosé.

La tentation

Au cours du mois, j’ai donc pris un bon petit rythme : j’ai mangé, selon mon relevé de compte, sept fois au bar à salade de mon épicerie bio, et je n’ai pas craqué une seule fois, sauf par erreur, comme avec cette pâte miso épicée coréenne qui contenait du blé, car je ne pouvais pas en lire l’étiquette. Mais la tentation est palpable.

D’abord, vers le 5, j’ai rêvé que je plaquais mon boulot pour devenir boulanger. Quelques jours plus tard, un nouveau rêve me plaçait dans un concours de cuisine autour d’un plat de pâtes. Au 10 du mois, une livraison au bureau de cookies aromatisés à la tarte au citron m’a donné un seum incommensurable. Enfin, il y a quelques jours, les madeleines des brillantes et parfumées, ont fait le bonheur de mes potes pendant que la jalousie s’emparait de moi.

Au bout du compte, ce mois sans gluten m’a permis de cuisiner autrement, de perdre sans doute un ou deux kilos, et, même si c’est peut-être une coïncidence, d’avoir l’impression de mieux dormir la nuit. Côté énergie, transit et autres promesses, rien à signaler, il ne me reste donc plus qu’à trouver un défi pour le mois d’octobre, si possible un qui peut se manger entre deux tranches de pain.

Par Pharrell Arot, publié le 01/10/2018

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